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25_LEG_47 - EMPD (1er débat) Exposé des motifs et projet de décret accordant au Conseil d'Etat crédit additionnel de CHF 10'700'000 au crédit d’ouvrage de CHF 54'700'000 accordé par le Grand Conseil le 17 septembre 2019 pour financer l’extension et la mise en conformité du bâtiment "Unithèque" de l’Université de Lausanne à Dorigny, destiné à financer la mise aux normes du bâtiment (hygiène, exploitation et câblage).

Séance du Grand Conseil du mardi 2 juin 2026, point 20 de l'ordre du jour

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
Mme Florence Bettschart-Narbel (PLR) — Rapporteuse

La commission s’est réunie le 29 septembre 2025. Le chef de département a souligné que ce crédit est rendu nécessaire par divers constats et évolutions légales intervenus au cours du chantier de l’Unithèque. Parmi les principaux éléments figurent l’obsolescence de la cuisine, devenue non conforme aux normes actuelles. Il rappelle que la conception du projet remonte à près de 15 ans, ce qui explique certains écarts entre les prévisions initiales et la réalité. Ce crédit constitue ainsi le troisième et dernier complément demandé pour ce projet. 

Lors de la discussion générale, il y a eu beaucoup de questions sur le fait de savoir pourquoi nous avons constaté, finalement, seulement l’année passée ou il y a deux ans, que la cuisine allait devenir inutilisable. Est-ce que cela n’aurait pas pu être anticipé dans le financement de ces travaux ?

Il y a également eu la question de savoir s’il s’agira réellement du dernier crédit dans le cadre de ce chantier, puisqu’il y a effectivement eu un certain nombre de crédits supplémentaires pour la rénovation et l’agrandissement de l’Unithèque. Enfin, des questions ont été posées sur la durabilité de ces travaux ainsi que sur les crédits précédents. Finalement la commission a adopté à l’unanimité ce projet de décret et les articles qui en découlent.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion sur l’entrée en matière est ouverte.

M. Guy Gaudard (PLR) —

En matière de crédits d’investissement ou de crédits d’études, il est grand temps que le Conseil d’État revoie sa méthodologie concernant l’estimation des coûts. Il est en effet chaque fois à côté de la plaque et, devant le silence de notre Parlement, n’entreprend rien, ne se remet absolument pas en question et revient régulièrement avec des demandes de crédits additionnels qui frisent la correctionnelle. Je ne vais pas énumérer la liste des derniers exposés des motifs et projets de décret sur ces types de crédits, votés à l’unanimité ou quasi à chaque reprise par les députés. Mais sur celui-là, cela vaut le détour.

En résumant l’historique de cette saga, il faut rappeler que l’objectif de ce projet visait à doubler les places d’études de l’Unithèque, appelée « la Banane », pour les faire passer de 900 à 2000, ce qui en fera la plus grande bibliothèque de Suisse. Les travaux ont démarré en 2020, après l’acceptation en 2019 d’un crédit d’ouvrage de 54,7 millions par le Grand Conseil. Ils ont été stoppés en 2021 pendant plusieurs mois en raison de problèmes géologiques.

À quoi ont donc servi les 7,2 millions de crédits d’études ? Cette interruption a permis de lancer un nouvel appel d’offres pour le lot béton-maçonnerie, puisque la cible budgétaire initiale s’était définitivement éloignée. Une première rallonge de 5,8 millions a donc été avalisée en 2022 par le Grand Conseil. Puis, en décembre 2023, rebelote : deuxième crédit additionnel, mais cette fois pour 2,15 millions, sous prétexte d’adapter le projet à l’évolution des normes contraignantes de construction depuis l’adoption du crédit d’ouvrage en 2019. Il fallait oser, et le Conseil d’État a osé !

Aujourd’hui, nous voilà face à une troisième demande de crédit additionnel de 10,7 millions pour les rénovations. Le montant soumis ce jour au Grand Conseil vise également à régulariser les dépassements budgétaires. Quand on aime, on ne compte pas !

Au final, la complexité des travaux, qui ont été largement sous-estimés par le consortium adjudicataire, va nous amener à une facture pharaonique de plus de 98 millions. En effet, si l’on ajoute le crédit d’études de 7,2 millions et la subvention fédérale de 17,6 millions aux différents crédits votés, c’est bien le montant qu’il faudra payer pour cette « Banane ». C’est exorbitant, prohibitif, faramineux, et j’en passe. Il y a des responsables à ce délire financier, et il serait bon de prendre les dispositions utiles pour les éloigner de la direction et de la gestion de tels projets. À titre personnel, je ne validerai pas cet exposé des motifs. J’en ai terminé, monsieur le Président, avec beaucoup de dépit au regard de l’utilisation des deniers publics.

M. Frédéric Borloz (C-DEF) — Conseiller d’Etat

Effectivement, ce chantier est un peu un serpent de mer. Il est énorme et complexe, et tout n’a pas été prévu au début, comme j’ai eu l’occasion de l’expliquer en commission. Une quinzaine d’années se sont écoulées depuis la conception. À ce moment-là, la cuisine n’était pas flambant neuve, mais elle était encore en parfait état. Personne n’imaginait que, 15 ans après… Non, personne n’imaginait déjà que cela prendrait 15 ans pour en arriver là aujourd’hui – et quand je dis 15 ans, c’est peut-être même 17 ou 18 ans maintenant.

Cela fait partie de ces grands chantiers. C’est comme pour les très grandes adjudications : au moment où on les imagine et où on les prépare, et au moment où l’on peut enfin profiter du matériel, des années se sont écoulées. Parfois même, des procédures ou des recours ont retardé l’opération. Les CFF connaissent bien cela avec les dernières commandes de trains Bombardier, qui sont finalement des trains exceptionnels, peut-être même les trains les plus performants du monde. Mais là aussi, cela avait suscité bien des interrogations.

En l’occurrence, nous sommes également confrontés à une urgence qui nous impose de terminer le chantier cette année. Sans cela, nous devrons rendre les subventions à la Confédération. C’est la raison pour laquelle je suis content de pouvoir traiter ce crédit aujourd’hui, et j’espère que vous accepterez de finaliser ce chantier par l’acceptation de ce crédit.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close.

L’entrée en matière est admise avec quelques avis contraires et abstentions.

Il est passé à la discussion du projet de décret, article par article, en premier débat. 

L’article 1 est accepté avec quelques abstentions.

Art. 2. –

M. Hadrien Buclin (EP) —

Je suis désolé d’intervenir en fin de séance, mais ce sont l’intervention de M. Gaudard et la réponse du Conseil d’État qui m’amènent à ces réflexions. Je déclare mes intérêts : je suis employé de l’Université, et donc utilisateur occasionnel de ce site et de cette bibliothèque. Je vais soutenir ce crédit ainsi que les articles qui en découlent. J’entends tout à fait les justifications, notamment le fait que certains travaux, comme la réfection de la cuisine, avaient été sous-estimés. Mais je pense qu’il y a quand même, dans les propos de M. Gaudard, des éléments intéressants à réfléchir et dont il faut tenir compte pour la suite.

Cette bibliothèque est vraiment massive. Il y a eu un recours important au béton, avec des volumes assez phénoménaux. Et j’ai un sentiment un peu mitigé, dans le sens où, d’un côté, on a une énorme chance d’avoir une si belle bibliothèque, un véritable temple du savoir qui est impressionnant et que beaucoup pourraient nous envier. Mais d’un autre côté, si c’était à refaire, peut-être que cette notion de sobriété, qui est maintenant inscrite dans nos bases légales, devrait être davantage prise en compte dans de futures constructions, notamment en ce qui concerne le recours au béton.

Je voulais réagir aux propos de M. Gaudard. Je soutiens ce crédit additionnel et j’entends les bons arguments qui justifient un tel dépassement budgétaire. Toutefois, il y a aussi des leçons à tirer pour la suite, en termes de sobriété, notamment en favorisant des matériaux alternatifs au béton, qui tiennent également dans le temps, qui sont souvent plus durables et qui demandent moins de réfection. Les propos de M. Gaudard sont donc loin d’être insensés, et je pense qu’on peut aussi les méditer pour la suite.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

L’article 2 est accepté avec quelques abstentions.

L’article 3, formule d'exécution, est accepté avec quelques abstentions.

Le projet de décret est adopté en premier débat.

Le deuxième débat interviendra ultérieurement.

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