Pour les professionnels de la santé et du social

Soigner, c’est toujours prendre soin d’une histoire, pas seulement d’un corps.
Les situations de fin de vie, de décès et de deuil mobilisent fortement les professionnels de la santé, du social, du funéraire et d'autres domaines connexes. Au-delà des compétences techniques, ces situations exigent une posture humaine, éthique et interdisciplinaire, souvent dans des contextes émotionnellement chargés.
Cette section vise à soutenir les pratiques professionnelles en offrant des repères, des ressources, et des outils concrets pour accompagner au mieux les personnes concernées et leurs proches, tout en prenant soin de soi et en favorisant la collaboration interprofessionnelle.
Éthique et pratiques
Accompagner la fin de vie, la mort ou le deuil confronte les professionnels à des questions éthiques complexes : respect des volontés, gestion de l’incertitude, confidentialité, soins proportionnés, accès équitable, accompagnement spirituel ou culturel, etc.
Ce sous-chapitre propose des pistes de réflexion et des repères pratiques pour nourrir une posture éthique dans l’action quotidienne. Il invite également à prendre en compte la diversité des valeurs, croyances et parcours de vie, tout en s’appuyant sur les cadres légaux et déontologiques en vigueur dans le canton de Vaud.
Dans les situations de fin de vie, les repères habituels — protocoles, objectifs de soins, routines organisationnelles — peuvent perdre de leur évidence. Le rôle du professionnel ne se limite plus à poser un diagnostic ou à appliquer un traitement ; il s’agit aussi de s’ajuster à des réalités humaines complexes, parfois contradictoires, d’accepter la finitude de la vie d’un patient et d’accompagner ce patient ainsi que ses proches sur son dernier chemin.
Faire "juste", dans ce contexte, signifie adapter ses actions aux besoins de la personne, à ses souhaits lorsqu’ils sont connus, et à ce qui peut préserver sa dignité dans les derniers moments de vie. Cela implique souvent de composer avec l’incertitude (quant à l’évolution de la situation, à ce que la personne souhaite vraiment, ou à ce que la famille attend), de remettre en question ses propres réflexes ou croyances professionnelles et de chercher des solutions en dialogue avec les autres membres de l’équipe ou les proches. Cette démarche repose sur une posture éthique, où la coordination interdisciplinaire devient essentielle.
L’écoute des volontés— que ce soit dans des directives anticipées, exprimées oralement ou à travers les proches (volonté présumée) — devient une boussole. Elle appelle une vigilance particulière, notamment lorsque ces volontés paraissent en tension avec les traditions cliniques, les attentes de l’entourage ou les contraintes institutionnelles. L’éthique professionnelle consiste alors à rechercher, collectivement, le chemin le plus respectueux et responsable. La meilleure manière d’assurer un respect des volontés de la personne en fin de vie est le modèle du Projet de Soins Anticipé (Advance Care Planning) dans lequel un professionnel formé accompagne et facilite la réflexion des valeurs, la désignation d’un représentant thérapeutique et la rédaction des directives anticipées.
Les dimensions culturelles, spirituelles et symboliques de la mort méritent une attention soutenue. Elles influencent les façons de vivre la fin de vie, les attentes vis-à-vis du système de soins, les rituels, et parfois les tensions dans les décisions à prendre. Reconnaître cette diversité sans la juger permet d’offrir un accompagnement plus humain et pertinent.
Enfin, il est essentiel de rappeler que l’éthique ne se réduit pas à une règle ni à un cadre juridique. Elle se construit dans la pratique, dans l’échange, dans le doute parfois. Les dispositifs de soutien à la réflexion éthique — qu’ils soient institutionnels ou informels — permettent aux professionnels de prendre du recul, de partager des questionnements, et de renforcer leur capacité à agir avec justesse, tout en prenant soin d’eux-mêmes. Dans beaucoup d’hôpitaux suisses il y a des structures de soutien éthique à l’attention des professionnels, des patients et des proches. De plus en plus, une telle offre se créé aussi en dehors des hôpitaux dans le milieu communautaire ou dans les EMS. Des repères éthiques peuvent aussi être trouvées dans les directives médico-éthiques de l’Académie Suisse des Sciences Médicales ou les prises de position de la Commission nationale d’éthique dans le domaine de la médecine humain.
Les ressources disponibles dans le canton sont notamment les structures de soutien éthique, par exemple :
- Site du CHUV
- Offre de soutien éthique en Suisse romande
- Site de l’EHC
- Heviva