Décryptage des interventions archéologiques sur le terrain
Les fouilles

Avant de commencer une excavation, on réalise des sondages qui établissent, ou non, l’existence d’un site archéologique et évaluent son potentiel: surface, période(s) concernée(s), état de conservation.
La fouille est l'étape centrale du processus archéologique.
Elle consiste à mettre au jour les vestiges enfouis dans le sol. Couche par couche, tout ce qui apparaît, objet ou structure façonnés par l'homme, est répertorié, dessiné, photographié. De la qualité de ces données recueillies sur le terrain dépend toute l’interprétation historique. Comme la fouille est destructrice – elle enlève les sédiments et prélève les objets – elle doit donc être impérativement accompagnée d'un travail de documentation le plus complet et le plus précis possible.
Consultez également les informations essentielles et bonnes pratiques relatives à l'archéologie cantonale vaudoise réunies dans notre guide synthétique (pdf, 13.97 Mo).
En cas de découverte archéologique fortuite, des mesures spécifiques doivent être prises par la Direction de l'archéologie cantonale. Toutes les instructions indispensables vous attendent ici.
Les prospections
Pour des terrains dont on souhaite connaître le potentiel archéologique, différentes méthodes de prospection peu invasives existent: la prospection à vue ou à l’aide de différents appareils de détection, avec ou sans prélèvement d’objets, la microtopographie ou la prospection aérienne peuvent donner un aperçu de la nature et de l’extension d’un site enfoui sous terre ou sous l’eau.
La prospection est une démarche archéologique à part entière. Elle est utilisée dans certains cas en amont d’un projet d’aménagement de grande ampleur (parc éolien, projet de construction) et permet, par ses résultats, d’orienter les archéologues dans leur choix de prescrire ou non des mesures.
La prospection au sol
Elle consiste à quadriller, à pied, une zone géographique donnée de manière à repérer des anomalies dans le terrain, indices potentiels de vestiges archéologiques. Cette méthode permet également de repérer du matériel archéologique de surface tel que des silex, des tessons de céramique ou des tuiles, pour ne citer que les plus fréquents.

La prospection subaquatique
Comme pour les prospections terrestre et aérienne, la démarche consiste à quadriller une zone déterminée selon une problématique définie.
Le canton de Vaud, avec ses lacs de grande étendue, compte de nombreux sites immergés.
C’est précisément le milieu humide qui a permis la conservation de ces sites, construits en matériaux périssables. Les structures se présentent sous la forme de pieux fichés dans la vase et le sable, vestiges de maisons construites en bois et en végétaux. Ces habitations composaient des hameaux de tailles différentes, implantés en bordure des lacs au Néolithique et à l’âge du Bronze.
Outre les vestiges de l’habitat, le milieu aquatique permet la conservation des parties en bois de pièces de chars, d’outils, de vaisselle mais aussi d’objets en vannerie, de tissus, de graines. Il faut ajouter à ces éléments les pièces habituelles que l’on trouve également sur les sites terrestres: matériel lithique (pierre taillée ou polie), céramique ou éléments de parures.
En 2011, une sélection de sites lacustres de Suisse - dont près d'une moitié de sites vaudois - mais aussi d'Allemagne, de France, d'Italie, de Slovénie et d'Autriche ont été inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO (Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes).
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La prospection aérienne
Elle consiste à effectuer des survols selon un plan établi à l’avance, de manière à repérer de nouveaux sites ou à compléter les données sur des sites connus.
Les vols s’effectuent le plus souvent à la belle saison, lorsque la végétation dans les prairies et les champs cultivés est en phase de pousse, jusqu’à sa maturité.
Les vestiges en creux ou les murs provoquent des anomalies dans le développement des végétaux qui se traduisent par des différences de couleur visibles depuis le ciel. Les structures se dessinent clairement, permettant parfois d’en repérer les tracés exacts. La lumière rasante permet également de révéler des différences dans le relief correspondant à des vestiges enterrés.
Comment lit-on les champs? Pour en savoir plus, rendez-vous ici

Analyse documentaire, LiDAR* et micro-topographie
L'analyse combinée des documents anciens – notamment des cartes et cadastres – et des relevés LiDAR* constitue un outil extrêmement précieux pour l'identification des sites et de leur organisation.
*Light Detection and Ranging: le LiDAR est une technologie de télédétection qui utilise des impulsions laser pour mesurer des distances et cartographier un environnement en 3D avec une grande précision.
Une démarche de topographie fine sur le terrain permet ensuite d'affiner la compréhension des éléments mis en évidence. Cette méthode est principalement utilisée sur des localisations peu sédimentées (les couches sont minces ou absentes), généralement difficiles d’accès, comme les sites d’altitude ou recouverts d’une couverture végétale dense (taillis, par exemple).
La prospection systématique, où toutes les anomalies sont consignées sur un relevé à fin maillage, révèle peu à peu la morphologie d'un site par le biais des vestiges dûs à la présence humaine.
Il arrive souvent que certains éléments, jusque-là considérés comme naturels, apparaissent sous un jour nouveau une fois insérés dans l’organisation globale des lieux.
Le plan analytique ainsi produit sert au classement et à la protection légale de la zone concernée. Il constitue également une base de travail et un outil incontournables à toute démarche d’étude ou d’exploration ultérieures.
Découvrez davantage d'informations sur la carte archéologique du canton.


