Boues d'épuration

Que sont les boues d'épuration ?

Les boues d'épuration (BE) sont les résidus provenant du traitement des eaux usées. Elles contiennent principalement les microorganismes morts qui se sont développés en se nourrissant de la pollution dans la station d'épuration (STEP). Elles renferment des résidus de pollution non décomposés, notamment des matières solides, des métaux lourds et une variété de "micropolluants organiques" toxiques.

En 2019, la production de BE représente plus de 19'000 tonnes de matière sèche pour l’ensemble des 154 STEP du canton. Un programme de contrôle des boues permet de suivre la qualité des eaux rejetées dans le réseau d’assainissement. Ces analyses permettent de vérifier la teneur en matière sèche, la concentration en phosphate et la présence d’éléments polluants.

Les BE subissent souvent un traitement préalable dit de "digestion" (fermentation à l'abri de l'air), destiné à récupérer du biogaz, tout en diminuant la quantité de matière organique (processus de minéralisation) et donc le volume à éliminer.  Le biogaz est en général valorisé, pour être converti en énergie électrique et en chaleur (couplage chaleur-force).

Où et comment éliminer les boues d'épuration ?

Jusqu'en 2008, la moitié des boues d'épuration (principalement celles des STEP rurales), était utilisée comme matière fertilisante pour l'agriculture. Les boues de STEP urbaines, contenant plus de substances toxiques, étaient déshydratées, puis séchées pour être incinérées dans des unités adéquates (Four de Vidy, de Roche, UVTD de la SATOM, etc). Devant le risque d'accumulation de substances nocives dans les sols, la Confédération a interdit l'épandage des BE en agriculture.

Les boues d’épuration sont désormais éliminées dans les installations d’incinération cantonales et extracantonales, conformément au plan cantonal de gestion des déchets.

Le four de Vidy (Epura) récupère les boues de la zone d’apport de La Côte, de Lausanne et de l’Ouest, à l’exception de quelques communes qui les envoient à la cimenterie d’Holcim à Eclépens.

La région de le Broye a recours aux capacités d’incinération de l’usine SAIDEF (Fribourg) alors que la région du Nord vaudois fait appel à l’usine VADEC (Neuchâtel). Pour finir, les régions du Chablais, Riviera, Oron-Lavaux et Pays d’en Haut acheminent leurs boues vers l’UVTD de Satom (Valais).

L’usine de Tridel est également amenée à accepter les boues de certaines communes proches ou en cas de révision des fours dans l’une des autres usines.

Récupération du phosphore dans les BE

L’obligation de récupération du phosphore à partir du 1er janvier 2026 va fortement influencer les filières d’élimination. La concrétisation des mesures de récupération est coordonnée au niveau national par la plateforme SwissPhosphor. Les détenteurs des fours d’incinération des boues reprenant des boues vaudoises (Epura et Saidef) anticipent ces mesures en participant à un avant-projet d’installation de récupération du phosphore à partir des cendres d’incinération (Phos4Life).

Swissphosphor, projet de l’OFEV

Bilan de l’épuration vaudoise, DIREV-PRE

Planification cantonale

Le canton de Vaud, en collaboration avec les communes et les organisations régionales, planifie actuellement une répartition judicieuse d'installations régionales de prétraitement des BE, qui tienne compte des intérêts locaux tout en visant des coûts supportables.

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