Bilans de la législature 2022-2027 du DEIEP
Bilan des activités de la DGIP
Synthèse du bilan de législature
Au cours de la législature 2022-2027, la Direction générale des immeubles et du patrimoine a profondément renforcé son rôle. Elle n’est plus seulement le service qui entretient les bâtiments de l’État. Elle est devenue un véritable instrument de mise en œuvre des politiques publiques du Canton de Vaud.
Derrière chaque chantier, chaque acquisition et chaque rénovation se trouve un besoin concret. Former davantage de jeunes, préparer la relève dans le domaine de la santé, améliorer les conditions de détention, garantir le bon fonctionnement de la justice et de l’administration, réduire l’empreinte climatique de l’État ou encore préserver le patrimoine cantonal.
Cette législature marque ainsi un changement d’échelle. Entre 2022 et 2025, près de 640 millions de francs ont été investis dans les infrastructures immobilières cantonales. À ces montants s’ajoutent environ 261 millions de francs planifiés pour 2026. Soit plus de 900 millions de francs d’investissement. 70 % des travaux ont été adjugés à des sociétés vaudoises.
1. Bâtir pour répondre aux besoins de la population
Le premier axe de cette législature a consisté à développer les infrastructures indispensables à la croissance du canton et à l’évolution des besoins de sa population.
Dans le domaine de la formation, plusieurs projets majeurs ont été lancés ou réalisés. Les trois bâtiments du Centre de formation professionnelle de Vennes ont été inaugurés. Le Gymnase de Crissier a ouvert ses portes en 2025, tandis que les chantiers des nouveaux gymnases du Chablais, à Aigle, et d’Echallens ont été engagés. Les études et travaux ont également avancé pour le bâtiment des sciences de la vie à Dorigny (renommé Biocosme), l’Unithèque et plusieurs établissements professionnels.
Le Campus Santé constitue l’un des projets emblématiques de la législature. Il doit offrir de nouvelles capacités de formation et de recherche dans un secteur confronté à des besoins croissants en personnel qualifié. Ce projet illustre pleinement le rôle de la politique immobilière cantonale, soit anticiper les besoins de demain et créer aujourd’hui les conditions nécessaires pour y répondre.
Des avancées importantes ont également été réalisées dans les domaines de la justice et de la sécurité. Les travaux ont progressé dans les établissements pénitentiaires de la Tuilière et de la Croisée, tandis que les bases territoriales et opérationnelles du futur Pôle pénitentiaire du Nord vaudois ont été consolidées. Le Tribunal cantonal rénové a par ailleurs été remis à ses utilisatrices et utilisateurs.
Ces réalisations montrent que le Canton de Vaud ne construit pas simplement des bâtiments. Il crée les infrastructures nécessaires pour former, protéger, rendre la justice et garantir la continuité des services publics.
2. Rénover pour réussir la transition climatique
La transformation énergétique du parc immobilier cantonal constitue le deuxième pilier du bilan.
Durant la législature, les émissions annuelles de CO₂ liées au chauffage des bâtiments exploités par l’État sont passées d’environ 10’500 à 9’700 tonnes, soit une diminution de 8%. Le raccordement de plusieurs grands sites aux réseaux de chauffage à distance a représenté à lui seul une réduction d’environ 520 tonnes de CO₂ par année.
Le Canton de Vaud a également accéléré le déploiement des installations photovoltaïques. Des panneaux ont notamment été installés sur le Gymnase Auguste Piccard, le Tribunal cantonal, le bâtiment administratif de la Pontaise, l’École professionnelle commerciale de Lausanne et plusieurs bâtiments du Centre des laboratoires d’Épalinges. Près de 11’500 m² supplémentaires sont prévus ou en cours de réalisation en 2026 sur différents sites cantonaux.
Une forte volonté politique ainsi que l’EMPD Autonomie électrique obtenu dans le cadre du Plan Climat 2 ont permis une nette accélération de la mise en œuvre de panneaux photovoltaïques sur nos bâtiments au cours de cette législature (+25%).
Cette politique ne se limite toutefois pas à la production d’énergie solaire. Elle repose sur une approche globale : Assainissement des enveloppes, remplacement des systèmes de chauffage fossiles, réduction de la consommation électrique, modernisation de l’éclairage, monitoring énergétique et sensibilisation des utilisatrices et utilisateurs.
Des crédits importants ont été obtenus pour accélérer cette transformation, dont 18,05 millions de francs pour l’autonomie électrique des bâtiments cantonaux et plusieurs crédits-cadres consacrés à leur rénovation énergétique.
L’objectif est clair : faire du parc immobilier cantonal un levier concret de la transition climatique et progresser vers la neutralité carbone à l’horizon 2040. L’État entend ainsi appliquer à son propre patrimoine les ambitions qu’il porte pour l’ensemble du canton.
3. Soutenir l’économie et les régions
Les investissements immobiliers cantonaux représentent également un moteur économique important.
En 2025, les entreprises vaudoises ont obtenu environ 120,4 millions de francs sur les quelque 166,1 millions de francs de dépenses brutes recensées, soit plus de 72% du montant total.
Les chantiers publics soutiennent ainsi les entreprises de construction, les bureaux d’architectes et d’ingénieurs, les artisans et de nombreux métiers spécialisés. Ils contribuent au maintien des compétences, à la formation de la relève et à la préservation de savoir-faire parfois rares, notamment dans le domaine de la restauration patrimoniale.
La répartition géographique des projets montre également que cette activité concerne l’ensemble du territoire cantonal : Aigle, Bex, Bussigny, Chavannes-près-Renens, Crissier, Échallens, Épalinges, Gollion, Lausanne, Morges, Orbe, Renens, Rennaz, Romainmôtier ou encore Rougemont.
La politique immobilière agit ainsi à plusieurs niveaux. Elle améliore les infrastructures publiques, mais génère aussi des commandes, des investissements et de l’activité économique dans les régions.
4. Gérer le patrimoine immobilier avec responsabilité
La législature a également été marquée par une gestion plus active et plus stratégique du patrimoine immobilier de l’État.
Plusieurs acquisitions importantes ont été réalisées ou préparées afin de répondre durablement aux besoins de l’administration et des services publics. Le complexe administratif des Baumettes, à Renens, a été acquis pour 78,12 millions de francs. Une parcelle appartenant à SICPA a également été achetée à Prilly, tandis que les démarches ont avancé pour la reprise de la place d’armes de Moudon, destinée à accueillir à terme l’Académie de police.
Parallèlement, certains actifs ont été valorisés lorsqu’ils ne répondaient plus directement aux besoins de l’État. La vente de l’Alcazar à Montreux et celle d’une parcelle des Côtes de la Bourdonnette illustrent cette volonté d’arbitrer entre conservation, acquisition, transformation et cession.
Le foncier cantonal a également été mobilisé au service d’autres politiques publiques. Des droits de superficie ont ainsi été accordés pour favoriser la réalisation de logements abordables à Bussigny. Une surface de 10’000 m² doit également être mise à disposition du Biopôle afin d’accompagner le développement de ce site stratégique pour l’innovation et les sciences de la vie.
Ces décisions traduisent une approche renouvelée. Le patrimoine immobilier du Canton de Vaud n’est pas un stock passif. Il constitue un actif stratégique, qui doit être géré dans une perspective de long terme, en tenant compte des besoins publics, des coûts et de l’intérêt de la collectivité.
5. Préserver et transmettre un patrimoine vivant
La DGIP assume également une mission essentielle :conserver les monuments, les sites et les traces archéologiques qui racontent l’histoire du canton.
La première étape des travaux de conservation et de restauration de la Cathédrale de Lausanne a été achevée, tandis que son nouvel éclairage extérieur a été inauguré à l’occasion de son 750e anniversaire. Un crédit de 9,5 millions de francs a également été obtenu pour poursuivre la conservation et la restauration du Château de Chillon.
La rénovation des cures de Bière, Dommartin, Romainmôtier, Rougemont et Vufflens-le-Château montre qu’il est possible de concilier protection patrimoniale, amélioration énergétique et maintien des usages contemporains.
Cette volonté de conciliation s’est aussi traduite par la publication de fiches de bonnes pratiques pour la rénovation énergétique des bâtiments historiques ainsi que d’un guide consacré à l’intégration du solaire dans les contextes à haute valeur patrimoniale.
Sur le terrain archéologique, plusieurs découvertes majeures ont marqué la législature. Les fouilles des Prés-de-Vidy, menées sur quelque 80’000 m², ont notamment mis au jour une vaste nécropole romaine ainsi que des traces d’occupation remontant au Mésolithique. Des découvertes importantes ont également été réalisées à Bex, au Mormont, à Grandson et sur le site du Campus Santé.
Préserver le patrimoine ne signifie donc pas le figer. Il s’agit de l’entretenir, de le documenter, de l’adapter et de le transmettre. En d’autres termes : moderniser sans effacer et transformer sans dénaturer.
6. Préparer les grands projets de la prochaine législature
Enfin, cette législature a permis de préparer plusieurs projets structurants qui seront développés ou réalisés au cours des prochaines années.
Le Pôle pénitentiaire du Nord vaudois et la prison des Grands-Marais figurent parmi les principaux dossiers. D’autres projets concernent la nouvelle école professionnelle de Payerne, le futur centre d’essais et de recherches agricoles de Grange-Verney à Moudon, l’installation de l’Académie de police à Moudon ainsi que la poursuite du développement des infrastructures gymnasiales.
Les travaux devront également se poursuivre pour le Gymnase du Chablais, le Gymnase d’Echallens et le Centre d’entretien des routes nationales de Rennaz. Des études sont par ailleurs envisagées pour de nouveaux établissements dans le nord vaudois et à Rolle ainsi que pour la rénovation du Gymnase de la Cité.
Au-delà de ces projets particuliers, le principal défi sera de poursuivre la campagne de rénovation et d’assainissement du parc immobilier cantonal. Celui-ci devra être adapté aux besoins de la population, aux exigences climatiques, aux normes de sécurité et à l’évolution des modes de travail.
La nouvelle stratégie immobilière à l’horizon 2040 doit fournir les principes nécessaires pour hiérarchiser ces investissements et assurer leur cohérence.
Année après année
2022 : Nouvelle orientation
- Arrivée d’un nouveau Directeur général et création de la nouvelle direction des finances, administration et support.
- Obtention du crédit d’ouvrage et début de la phase de projet en entreprise totale du nouveau bâtiment des Sciences de la Vie à Dorigny.
- Inauguration des trois bâtiments du Centre de formation professionnelle de Vennes (CFPV).
- Démarrage des phases de projets pour la prison des Grands-Marais à Orbe.
- Mise en vigueur des plans d’affectation des Côtes de la Bourdonnette à Chavannes-près-Renens et du site de Marcelin à Morges.
- Mise en service de deux nouvelles installations photovoltaïques de 880 m2 de panneaux solaires photovoltaïques pour l’Ecole Professionnelle de Vennes à Epalinges et le bâtiment F du CLE (Centre des Laboratoire d'Epalinges) à Epalinges.
- Publication du rapport d'efficacité énergétique et durabilité dans les constructions pour la fin de la législature 2017-2022.
- Entrée en vigueur de l’art. 10 al 5 LVLEne qui pose l’exigence d’autonomie électrique d’ici 2035 pour les bâtiments de l’Etat.
- Obtention du crédit cadre 5 sites avec un complément de plusieurs millions de la part des parlementaires pour mettre en œuvre davantage de photovoltaïque sur les bâtiments de l’Etat.
- Entrée en vigueur le 1er juin 2022 de la nouvelle sur la protection du patrimoine culturel immobilier (LPrPCI). Cette nouvelle loi remplace dès lors la LPNMS de 1969.
- Lancement de la nouvelle plateforme d’achats LA PLACE (PLateforme des AChats de l’Etat) de Vaud le 21 janvier 2022 pour toute l’ACV.
- Obtention d’un crédit d’investissement de 5,8 millions de francs pour PIEZO 23 afin de remplacer des imprimantes du Centre d’Edition.
- La conclusion de la vente du bâtiment de l’Alcazar à Montreux (valorisation du patrimoine)
2023 : sécurité énergétique et premiers jalons climat
- Pénurie d’énergie-INOPIA : Sécurisation de l’approvisionnement en électricité pour 11 sites vitaux durant l’hiver 2023-2024 afin d’assurer les prestations essentielles de l’Etat en cas de crise.
- Acquisition du bâtiment du gymnase au 1er août 2023 à Etoy.
- Signature du bail pour le futur gymnase de Crissier et pour la salle de sport Millenium.
- Baisse des émissions de CO2 de 520 tonnes par année correspondant à près 6% du total des émissions de chaleurs pour le chauffage des bâtiments propriété de l’Etat de Vaud.
- Mise en service de deux nouvelles installations photovoltaïques de 1’680 m2 de panneaux solaires photovoltaïques : sur le bâtiment F du CLE à Epalinges et sur le Bâtiment administratif de la Pontaise.
- Mise en place de la stratégie d’autonomie électrique à horizon 2035 pour les bâtiments de l’ACV.
- Travaux d'assainissement et d'entretien lourd pour le gymnase Auguste Piccard, Gymnase du Bugnon, Gymnase de Chamblandes, Site de Marcelin, EPSIC Lausanne, ETML Sébeillon.
- Début des travaux spéciaux des bâtiments C4 et HESAV au Campus Santé à la Bourdonnette.
- Réception de l’étape 1 des travaux de rénovation de la prison de la Tuilière à Lonay.
- Approbation du crédit d’ouvrage par le Grand Conseil pour le chantier du Centre d’entretien des routes nationales de Rennaz, y compris l’aménagement de l’aire de transit pour les gens du voyage.
- Fin des travaux des aménagements extérieurs de Plateforme 10, à Lausanne.
- Mise en vigueur du Plan d’affectation cantonal (PAC) pour le Gymnase du Chablais.
- Le projet du Musée cantonal des Beaux-Arts ainsi que le projet du Synathlon récompensés par deux nominations à la 5e édition de la distinction de l’architecture romande.
- Fouilles archéologiques préventives à l’emplacement du futur Campus Santé à Chavannes-près-Renens, qui a mis au jour une nécropole de l’âge du Bronze final, un habitat et des sépultures à inhumations du Haut Moyen-Age.
- Prélèvement d’une pirogue monoxyle immergée au large de Grandson datée entre 750 et 520 av. J.C.
- La modernisation du Centre d’édition se poursuit par le remplacement des imprimantes « projet PIEZO 23 ».
- Mise en service d’ECAVENIR à l’Avenue du Grey 111 à Lausanne.
- Signature d’un contrat de bail pour l’extension du Gymnase de Bussigny, y compris la création d’une salle de sport triple.
- Publication des fiches de bonnes pratiques pour concilier efficacité énergétique et conservation du patrimoine bâti – fiches Typo-Reno.
- Publication du premier Guide opérationnel pour l’intégration solaire dans un contexte à haute valeur patrimoniale – zones ISOS A.
2024 : Accélération des grands chantiers et passage à l’exemplarité de l’État
- Arrivée du nouveau Directeur général en avril 2024 et renforcement de l’organisation de la DGIP (architecte - connaisseur métier).
- Signature du contrat de bail pour la location du gymnase de Crissier, de locaux annexes et d’une salle de sport pour l’année 2025.
- Octroi de droits de superficie à Bussigny pour du logement abordable.
- Engagement d’un spécialiste en sécurité incendie qui est chargé du suivi des mesures constructives liées à la sécurité incendie des bâtiments de l’Etat de Vaud.
- Ouverture du chantier de la construction du nouveau gymnase du Chablais à Aigle.
- Fin des travaux d’assainissement de l’Ecole professionnelle de Montreux (EPM).
- Ouverture du chantier et pose de la première pierre du Campus Santé le 6 juin 2024. Ajout des panneaux solaires.
- Fin des travaux d’assainissement et de rénovation de 5 cures (Bière, Dommartin, Romainmôtier, Rougemont et Vufflens-le-Château).
- Fin des travaux de conservation et de restauration - étape 1 - de la Cathédrale de Lausanne.
- Finalisation des travaux d’assainissement du bâtiment administratif de la Pontaise (BAP).
- Démarrage du chantier du CERN Rennaz et de l’aire de transit des gens du voyage.
- Démarrage du chantier d’assainissement du Centre cantonal de protection de la population (CCPP) et de la piste d’exercice de Gollion.
- Autonomie électrique : Présentation en conférence de presse de la stratégie d’autonomie électrique en avril 2024.
- En novembre 2024, obtention du crédit de 18,05 millions de francs pour la mise en œuvre de l’autonomie électrique d’ici 2035, comme mesure emblématique du DEIEP dans le cadre du plan climat 2.
- Obtention d’un crédit cadre de CHF 64 mios pour l’assainissement énergétique des bâtiments (CLE, Gymnase d’Yverdon, Elysée, HEP).
- Développement d’une démarche en collaboration avec la DGE pour l’utilisation du bois vaudois dans les projets de construction de l’Etat de Vaud.
- Raccordement au CAD : Gymnase Auguste Piccard, CPNV Yverdon, EVAM Bex.
- Installations photovoltaïques : Gymnase Auguste Piccard (570 m2 en façade mêlant enjeux patrimoniaux et énergétiques).
- Renforcement de la stratégie de sécurisation de l’approvisionnement en énergie électrique, avec l’installation de deux génératrices de secours fixes, pour la Prison de la Tuilière et les Archives Cantonales Vaudoises.
- Fouilles préventives des Prés-de-Vidy débutées le 17 juin 2024 pour fouiller intégralement la surface de 80'000 m2, dévolue à la construction.
- La Cheffe de Département valide le lancement de la procédure de classement à Monument historique de 17 objets.
2025 : Montée en puissance patrimoniale, immobilière et climatique
- Mise sur pied d’une série de conférences : Barbara Buser et Eric Honegger, table ronde consacrée à la loi sur la profession d’architecte dans le canton de Vaud, conférence « Material Ecologies », donnée par Takk Architecture, conférence de Caruso St John Architects.
- Obtention du crédit d’ouvrage pour la conservation et la restauration du Château de Chillon d’un montant de 9,5 millons de francs.
- Ouverture du chantier du projet de construction du nouveau gymnase d’Echallens.
- Démarrage du chantier de modernisation de l’Unithèque en juillet 2025.
- Finalisation et remise au SPEN du bâtiment enceinte de la prison de la Croisée, en mars 2025.
- Inauguration officielle de la Cure de Vufflens-le-Château et conférence de presse pour marquer la fin des travaux d’assainissement et de rénovation des 5 cures (Bière, Dommartin, Romainmôtier, Rougemont et Vufflens-le-Château).
- Inauguration officielle de l’aire d’accueil des gens du voyage au Mont-sur-Lausanne.
- Inauguration officielle du nouvel éclairage extérieur de la Cathédrale de Lausanne, en collaboration avec la Ville.
- Fin des travaux de conservation et de restauration – étape 1 – de la Cathédrale de Lausanne.
- Remise de l’ouvrage et inauguration du Tribunal cantonal (TC).
- Finalisation des travaux d’assainissement du bâtiment administratif de la Pontaise (BAP).
- Entrée en force du plan d’affectation cantonal du Pôle pénitentiaire du Nord vaudois (PPNV), le 8 juillet 2025.
- Création de la nouvelle Direction de l’ingénierie et de la durabilité (DID) le 1er août 2025
- Obtention d’un crédit d’ouvrage de 84,7 millions de francs pour rénover neuf bâtiments sur sept sites ainsi qu’un crédit additionnel de 1,47 millions de francs pour l’Ecole professionnelle commerciale de Lausanne (EPCL).
- Raccordement au chauffage à distance pour l’EPCL Midi, le Centre de la Blécherette et la Cure de Rossinière.
- Installations photovoltaïques d’environ 1'250 m2 sur les bâtiments ABCD du site des CLE.
- Dans le cadre de l’autonomie électrique, lancement du projet suite à l’obtention du financement de 18,05 millions de francs. Installation de panneaux photovoltaïques à un rythme soutenu (toiture du Gymnase Auguste Piccard 850 m2, Tribunal cantonal 1'100 m2, EPCL Midi 315 m2).
- Proposition d’une stratégie pour atteindre la neutralité carbone en 2040 pour le parc immobilier de l’Etat de Vaud.
- Acquisition du complexe des Baumettes à Renens pour un montant de 78,12 millions de francs.
- Acquisition d’une parcelle appartenant à la société SICPA à Prilly pour un montant de 24,6 millions de francs.
- Finalisation de la vente d’une parcelle aux Côtes de la Bourdonnette (Chavannes-près-Renens) à la Caisse de pension de l’État de Vaud pour un montant de 61,7 millions de francs.
- Ouverture du Gymnase de Crissier en août 2025.
- Célébration des 750 ans de la cathédrale.
- Bex : Découverte archéologique majeure d’une villa romaine tardive (fin de l’époque romaine).
- Colline du Mormont : fouille de 12'620 m2 ; site celtique majeur, dépôts et gestes rituels exceptionnels, avec notamment de nombreux restes humains, sans parallèle connu dans le monde celtique.
- Déploiement à grand succès sur le site d’achats LA PLACE, d’un circuit « pilote » de réemploi, notamment dans le mobilier. Un projet de plus grande envergure est à venir.
- Promotion du réemploi via LA PLACE (plateforme des achats) et mise à disposition du mobilier repris pour toute l’ACV, alliant durabilité et économies.
- Finalisation d’un accord-cadre avec la Confédération pour la reprise par le Canton de la place d’armes de Moudon pour y installer l’Académie de police en 2032.
2026 : Développement et réalisation des projets d’envergure pour répondre aux besoins en infrastructures immobilières du Canton de Vaud
- Elaboration de la nouvelle version de la stratégie immobilière de l’Etat de Vaud, à l’horizon 2040.
- Révision des Directives du Conseil d’État en matière d’organisation et d’aménagement des locaux affectés à l’administration (ORGATERR).
- Prés-de-Vidy : poursuite des fouilles archéologiques préventives de 80’000 m2, plus grand chantier en cours en Suisse ; plus vaste nécropole romaine du nord des Alpes (environ 5’000 sépultures) ; présence de vestiges parmi les plus anciennes traces d’occupation humaine du canton, datant du Mésolithique.
- Négociations de plusieurs dossiers d’acquisition stratégiques : à Yverdon-les-Bains pour la DGEP, à Changins-Nyon pour la DGAV et à Moudon pour l’Académie de Police.
- Mise à disposition d’un Droit distinct et permanent (DDP) portant sur une surface de 10'000 m2 en faveur du Biopôle.
- Signature du Plan de gestion du site « Lavaux, vignoble en terrasses », inscrit depuis 2007 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
- Accélération de la pose de photovoltaïque (+11'500 m2, GyEtoy, BCPM, CEPV, Campus Santé via des pergolas solaires, ES Santé via des tuiles photovoltaïques, HEIG-VD et ETVJ), des projets mêlant innovation et respect du patrimoine.
- Poursuite des démarches liées à l’autonomie électrique (optimisation, monitoring énergétique, relamping, sensibilisation des utilisateurs).
- Développement d’une stratégie de Protection incendie au sein des bâtiments de l’Etat afin de connaitre le niveau de sécurité des sites et de prioriser les interventions.
- Lancement de la phase 2 de la réforme des achats (RefA II) de l’Etat de Vaud pour les achats spécifiques de l’administration cantonale vaudoise.
Bilan des activités du SPEI
Synthèse du bilan de législature
La législature 2022–2027 se déroule dans un contexte de profondes mutations économiques. À la sortie de la crise sanitaire se sont ajoutés les tensions énergétiques, le ralentissement de la conjoncture internationale, les défis liés à la transition climatique et numérique, ainsi que l'évolution du cadre fiscal et géopolitique. Face à ces enjeux, le Service de la promotion de l'économie et de l'innovation (SPEI) a fait évoluer son action, passant progressivement d'une logique de gestion de crise en lien avec la pandémie de COVID à une politique de développement économique, orientée vers le soutien à l’innovation, à l’industrie, au tourisme, à l’économie de proximité et à la durabilité.
Au cours de la législature, le SPEI a déployé de nouveaux instruments d’appui, renforcé les partenariats avec les régions, les hautes écoles, les milieux économiques et les acteurs de l'innovation, tout en accompagnant les entreprises dans leurs transitions, à la fois numérique, industrielle et énergétique. Il a également démontré sa capacité à adapter rapidement ses interventions en réponse aux évolutions de la conjoncture, notamment en faveur de l'industrie et aux besoins des acteurs du terrain, notamment dans le domaine touristique.
Cette approche repose sur une conviction : le rôle de l’État consiste à offrir aux entreprises un environnement stable, à lever les obstacles et engager des moyens ciblés lorsque l’intervention publique permet de déclencher davantage d’investissements privés, de renforcer la compétitivité et de préserver des emplois.
1. Passer de la gestion de crise à une politique d’investissement
Le début de la législature a encore été marqué par la gestion des aides liées à la pandémie. Au total, 3’577 entreprises ont bénéficié du dispositif des cas de rigueur, pour un montant de 495,3 millions de francs. Le SPEI a ensuite assuré les contrôles nécessaires afin de garantir une utilisation rigoureuse des fonds publics.
En parallèle, le Canton de Vaud a progressivement retrouvé une politique économique tournée vers l’avenir. Entre 2022 et 2025, les instruments de la Loi sur l’appui au développement économique ont accompagné plus de 3’200 projets. Les 107 millions de francs d’appuis accordés ont contribué à générer environ 410 millions de francs d’investissements, soit un effet de levier proche de x4, soutenant ainsi près de 8’000 emplois.
Cette évolution illustre la philosophie suivie durant la législature : Mobiliser les moyens publics comme un catalyseur, jamais comme un substitut à l’initiative privée.
2. Diffuser l’innovation dans l’ensemble du tissu économique
Le Canton de Vaud dispose d’un écosystème scientifique et technologique exceptionnel. L’enjeu de la législature a consisté à mieux transformer ce potentiel en valeur économique, en emplois et en gains de productivité.
Le Fonds de soutien à l’innovation a été redoté de 50 millions de francs. Il a permis de renforcer les huit parcs d’innovation, la Trust Valley et plusieurs programmes destinés aux jeunes entreprises comme aux PME établies.
Le partenariat avec le Swiss Data Science Center poursuit le même objectif : rapprocher les compétences en matière de données et d’intelligence artificielle des besoins concrets des entreprises. Un premier appel à projets a suscité 58 candidatures, dont cinq ont été retenues.
L’agence d’innovation du Canton de Vaud, Innovaud, créée et soutenue par le DEIEP, a joué son rôle de proximité, rencontrant 1’583 entreprises vaudoises entre 2022-2025 et les accompagnant dans leurs projets d’innovation, activant les soutiens du dispositif de promotion économique. Durant la même période, Innovaud a attiré et aidé à l’installation 132 entreprises internationales prévoyant de créer 1’582 emplois à terme.
Le réseau des parcs d’innovation vaudois s’est enrichi du campus unlimitrust, huitième technopôle vaudois, qui accueille les sociétés dans le domaine des technologies de la confiance numérique, secteur d’une importance croissante, ainsi que la TrustValley, une initiative qui connaît un fort succès.
L’innovation ne doit donc pas rester concentrée dans les laboratoires ou les jeunes pousses. Elle doit irriguer l’ensemble de l’économie : L’industrie, les services, la construction, l’agriculture et les entreprises de proximité.
3. Préserver et moderniser la base industrielle
Face au ralentissement conjoncturel, au franc fort, aux coûts de l’énergie et aux tensions commerciales internationales, le Canton de Vaud a réaffirmé l’importance de son tissu industriel.
Le Fonds de soutien à l’industrie a été réactivé afin d’accompagner les investissements productifs, l’automatisation, l’efficience énergétique et la modernisation des outils de production. En 2026, 48 entreprises ont ainsi bénéficié de plus 6 millions de francs d’appuis pour un montant d’investissements global de plus de 20 millions de francs.
Le programme iNNdustry, développé avec Innovaud, complète ces moyens financiers par un accompagnement individualisé. Près de 100 entreprises ont été directement accompagnées et plus de 1’000 sensibilisées aux enjeux de transformation industrielle.
Cette politique ne cherche pas à maintenir artificiellement des modèles dépassés. Elle vise à donner aux entreprises les moyens de s’adapter, d’améliorer leur productivité et de conserver dans le canton des compétences et des savoir-faire à forte valeur ajoutée.
4. Faire de la durabilité un levier de compétitivité
Durant la législature, la durabilité est devenue une dimension centrale de la politique économique.
Le Fonds de soutien à l’économie durable a accompagné 317 projets. Les 11,8 millions de francs engagés ont contribué à générer environ 39 millions de francs d’investissements. La plateforme Viva, IT4Future, AgroImpact et le centre de compétences pour la durabilité dans la construction offrent désormais aux entreprises des outils pratiques pour réduire leur consommation de ressources, adapter leurs processus et développer de nouvelles solutions.
Des feuilles de route ont également été élaborées avec des entreprises industrielles et de grands consommateurs d’énergie.
L’approche retenue est pragmatique : La transition doit être économiquement viable. Elle doit permettre aux entreprises de réduire leurs coûts, d’innover et de répondre aux nouvelles attentes de leurs clients.
La durabilité devient ainsi un avantage concurrentiel plutôt qu’une charge administrative supplémentaire.
5. Investir dans les régions et le tourisme quatre saisons
La politique économique cantonale doit bénéficier à l’ensemble du territoire. Le renouvellement des conventions avec les dix organismes régionaux a renforcé leur rôle de proximité auprès des entreprises, des communes et des porteurs de projets.
Le tourisme a également été progressivement positionné comme un véritable pilier de l'économie cantonale. Les travaux menés avec Vaud Promotion ont contribué à renforcer la reconnaissance de ses retombées économiques pour les régions, l'emploi et les entreprises locales, tout en accompagnant le développement d'une offre touristique quatre saisons davantage orientées vers la création de valeur.
Le crédit-cadre de 50 millions de francs pour le tourisme durable constitue l’un des instruments les plus visibles de cette politique. Dix-huit projets ont bénéficié de 26 millions de francs d’appuis, pour un volume global d’investissements de 183 millions de francs, soit un effet de levier de x7.
Parmi les projets accompagnés figurent la transformation du Centre de congrès de Montreux, le développement du VTT à Leysin, la modernisation de l’offre de loisirs à Sainte-Croix ou encore l’Espace du Blé au Pain dans le Gros-de-Vaud.
Ces investissements permettent d’adapter les destinations au changement climatique, de développer une offre quatre saisons et de générer des retombées pour l’hôtellerie, la restauration, les commerces et les entreprises locales.
L’économie de proximité complète cette approche en valorisant les produits du terroir, les circuits locaux et les savoir-faire propres à chaque région.
6. Renforcer l’attractivité et le rayonnement économique
La prospérité du Canton de Vaud dépend enfin de sa capacité à offrir des conditions favorables aux entreprises déjà implantées, mais aussi à attirer des compétences, des investissements et des activités à forte valeur ajoutée.
Cette action repose sur un réseau coordonné associant le SPEI, Innovaud, Vaud Promotion, le Greater Geneva Bern area, les hautes écoles et les organismes régionaux.
En parallèle, Vaud Promotion a engagé une évolution de sa gouvernance et de son modèle opérationnel afin de renforcer la coordination entre le Canton, les destinations touristiques, les associations professionnelles et les partenaires économiques, dans une logique de création de valeur et de complémentarité des actions.
Les missions économiques menées par la Cheffe de département en Inde et en Chine, les relations développées avec la Caroline du Nord et les activités de promotion internationale ont permis d’ouvrir des portes aux PME vaudoises et de renforcer la visibilité du canton dans des secteurs stratégiques.
L’attractivité ne se résume toutefois pas à faire venir de nouvelles sociétés. Elle dépend d’abord de conditions-cadres solides, comme la disponibilité du foncier, fiscalité compétitive, accès aux talents, qualité des infrastructures, sécurité juridique et capacité d’innovation.
C’est dans cette perspective que la nouvelle Politique d’Appui au Développement Economique (PADE) structure désormais l’action cantonale autour de quatre piliers : L’innovation, l’industrie, le tourisme et l’économie de proximité, avec la durabilité comme socle transversal.
Année après année
2022 : Préparer la relance et poser les bases des nouveaux instruments
- Poursuite du soutien aux projets d'entreprises et aux projets régionaux dans le cadre de la LADE.
- Mise en œuvre des premières aides en lien avec le Fonds de soutien à l’innovation, notamment le programme SyNNergy en faveur de la transition numérique des PME.
- Lancement du programme « LeadiNNg to Scaleup » conjoint entre l’IMD et Innovaud, pour former les entrepreneurs qui abordent une phase de forte croissance et augmenter leurs chances de succès. Un programme qui s’adresse autant aux startups avancées qu’aux PME et qui a rencontré un fort succès (la sixième édition s’organise pour 2027)
- Préparation du Fonds de soutien à l'économie durable et du crédit-cadre en faveur du développement durable du tourisme régional.
- Accompagnement des entreprises face aux tensions énergétiques (webinaires, information et conseils).
- Transition du dispositif des cas de rigueur vers la phase de contrôle et de suivi des aides accordées.
2023 : Déployer les nouveaux instruments de la politique économique cantonale
Promotion économique
- Adoption du crédit-cadre de 50 millions de francs en faveur du développement durable du tourisme régional.
- Déploiement du Fonds de soutien à l'économie durable (FSED) : 84 projets, 137 entreprises soutenues et 3,9 millions de francs engagés en 2023.
- Création de la plateforme Viva pour accompagner les entreprises dans leur transition durable, en collaboration avec les milieux économiques. Synergie avec PPP.
- Soutien au projet AgroImpact, centre de compétences dédié à la décarbonation de l'agriculture (tous les cantons romands ont rejoint l’organisation).
- Renforcement de l'écosystème d'innovation en lien avec la Trust Valley et ses programmes en faveur des start-up (Tech4Trust) et des PME (Trust4SMEs) ainsi que de son incubateur basé à Unlimitrust à Prilly (SICPA).
- Redotation du Fonds de soutien à l'innovation (FSInnov) à hauteur de 50 millions de francs.
- Etude Alp ICT : Etude sur la pénurie dans le secteur numérique (conférence de presse).
- Redotation du Fonds de soutien à l'industrie (FSI) à hauteur de 10 millions de francs.
- Elargissement des bénéficiaires pour l’acquisition de terrains industriels. Aussi pour des privés. Doublement des enveloppes. Soutien à l’industrie pour acheter des terrains.
- Vaud Promotion, validation des orientations stratégiques et lancement de la transformation de son modèle de gouvernance et de fonctionnement, afin de renforcer son rôle au service de la politique économique et touristique cantonale.
Police cantonale du commerce (PCC)
- Contrôle de la vente de tabac aux mineurs : 393 achats-tests réalisés, dont 118 ventes effectuées à des mineurs.
- Suivi de dossiers particuliers (UBER, émissions de CO2 des véhicules utilisés en transport de personnes à titre professionnel).
Cas de rigueur
- Lancement des contrôles financiers post-versement des aides CDR en lien avec la pandémie ; mise en œuvre d'une approche de contrôle ciblée selon les risques, conformément aux exigences fédérales, et notification des décisions de restitution lorsque les conditions d'octroi ne sont pas remplies.
- Coordination avec la Confédération, les entreprises, les fiduciaires et les autres services cantonaux afin de garantir la sécurité du dispositif et de la participation financière fédérale.
2024 : Consolider les dispositifs et renforcer les partenariats
Promotion économique
- Fonds de soutien à l'économie durable (FSED) : 99 projets, 169 entreprises accompagnées et 3,8 millions de francs engagés en 2024.
- Lancement d'IT4Future, centre de compétences dédié au numérique responsable.
- Développement de la collaboration avec le Swiss Data Science Center (SDSC) et les PME vaudoises pour soutenir des projets associant données, intelligence artificielle et impact économique ou sociétal (soutien à hauteur de 1,75 million de francs par an pour la période 2025–2028, soit 7 millions de francs au total).
- Lancement d'appels à projets dans le cadre du Fonds de soutien à l’économie durable, notamment dans le domaine de la construction et l'économie circulaire.
- Renouvellement des conventions avec les 10 associations régionales de développement économique et clarification de leurs missions, notamment dans le cadre du Système de gestion des zones d'activités (SGZA).
- Renforcement des dispositifs de soutien à l’innovation : le FSInnov engage 7,3 millions de francs en 2024 (contre 6 millions de francs en 2023).
- Présidence du Greater Geneva Bern area (GGBa) par la Cheffe de département
Police cantonale du commerce (PCC)
- Renforcement du contrôle de la vente de tabac aux mineurs : 98 achats-tests ciblés, 25 ventes constatées et 25 interdictions de vente d'un mois prononcées à l'encontre des récidivistes.
- Assouplissement du cadre applicable à l'œnotourisme, notamment pour les caveaux et les capites.
- Assouplissement Loto. Modification réglementaire permettant de considérer les bons d’achat, gains courants dans les loteries, comme des lots en nature plutôt qu’en espèce, à certaines conditions (valeur maximale de 500 francs et un quart au moins de l’ensemble de la valeur des lots en nature ne doit pas consister en la remise de bons d’achats).
Cas de rigueur
- Poursuite des contrôles post-versement en lien avec les aides CDR ; coordination avec la Confédération, les entreprises, les fiduciaires et les autres services cantonaux afin de garantir la sécurité du dispositif et de la participation financière fédérale.
2025 : Répondre aux défis conjoncturels et accélérer la transformation de l'économie
Promotion économique
- Mise en œuvre d'un plan d'actions en faveur de l'industrie pour répondre au ralentissement conjoncturel et aux tensions commerciales internationales (décembre 2024 + modification de la loi pour davantage d’agilité, passage au Grand Conseil en février 2024).
- Réactivation du Fonds de soutien à l'industrie (FSI) : Plus de 80 demandes déposées, 41 entreprises soutenues et 4,9 millions de francs d'aides accordées en 2025.
- Lancement du programme iNNdustry par Innovaud : Près de 100 entreprises accompagnées dans leur transformation industrielle et plus de 1'000 entreprises sensibilisées.
- Élaboration de 23 feuilles de route durabilité destinées aux entreprises industrielles et aux grands consommateurs d'énergie.
- Lancement du premier appel à projets IA réalisé conjointement avec le Swiss Data Science Center (58 dossiers déposés, 5 projets retenus).
- Lancement du programme « La Cohorte » par Innovaud, qui accompagne les PME dans leurs premiers pas vers l’IA
- Création du Centre de compétences pour la durabilité dans la construction.
- Réalisation d’une étude sur l'impact économique du tourisme vaudois. Débouche sur valorisation du tourisme comme un des piliers économiques importants.
- Organisation de deux missions économiques en Inde et en Chine en collaboration avec Innovaud. Signatures d’accords de partenariat entre Innovaud et la plateforme Swissnex India, puis avec l’accélérateur ACE.sg à Singapour
- Visite en Caroline du Nord par Isabelle Moret comme présidente du GGBA + visite retour avec des investisseurs et entreprises US.
- Soutien renforcé à la filière bois, avec une enveloppe de 3 millions de francs consacrée à la première transformation du bois (scieries).
- Lancement Vaud talent HUB en synergie avec la CVCI.
Police cantonale du commerce (PCC)
- Contrôles de la vente d'alcool aux mineurs : 399 achats-tests réalisés, 186 ventes illicites constatées (interdiction de vente d'alcool fermenté aux moins de 16 ans et d'alcool distillé aux moins de 18 ans).
- Création d'une formation spécifique « caveaux-capites » destinée aux viticulteurs.
- Suivi de dossiers particuliers (UBER, émissions de CO2 des véhicules utilisés en transport de personnes à titre professionnel).
Cas de rigueur
- Poursuite des contrôles, traitement des restitutions et finalisation progressive des dossiers, conformément aux exigences de la Confédération.
2026 : Préparer la prochaine étape de la politique économique cantonale
Promotion économique
- Élaboration de la nouvelle PADE, en concertation avec les milieux économiques, les régions et les partenaires institutionnels.
- Réalisation de l'étude BAK Economics afin d'évaluer le positionnement économique du canton de Vaud et d'identifier les enjeux de compétitivité et d’attractivité.
- Présentation de la stratégie cantonale en faveur des remontées mécaniques pour accompagner l'adaptation des destinations de montagne au changement climatique.
- Poursuite des travaux dans le cadre des mesures d’attractivité en lien avec la réforme fiscale de l’OCDE.
- Organisation de tables rondes réunissant les représentants de l'industrie, des sciences de la vie et des principales filières économiques afin d'alimenter les orientations de la future PADE. Synergie PPP.
- Consolidation des dispositifs Viva, iNNdustry, Trust Valley et des centres de compétences créés durant la législature.
- Lancement d’un programme IA en faveur des PME porté par Innovaud.
- Le Canton de Vaud classé à la 10e position des « écosystèmes émergents » au niveau mondial en 2026 par StartupGenome, et à la 5e position en Europe des « density ecosystems » par dealroom.co, signaux forts du développement de notre Canton comme centre d’innovation et d’attraction de talents.
Police cantonale du commerce (PCC)
- Renforcement du contrôle de la vente d’alcool aux mineurs : Campagne ciblée engagée en 2026 auprès des 186 points de vente en infraction.
- Assouplissement de la LADB permettant la vente d’alcool distillé sur les marchés, avec l’accord de la commune.
Cas de rigueur
- Poursuite des contrôles, traitement des restitutions et finalisation progressive des dossiers, conformément aux exigences de la Confédération.
Bilan des activités de la DGEM
Synthèse du bilan de législature
Au cours de la législature 2022-2027, la politique cantonale de l’emploi a connu une évolution profonde. En 2022, le Service de l’emploi est devenu la DGEM. Cette transformation ne relève pas d’un simple changement d’organisation. Elle doit permettre au Canton de Vaud de mieux accompagner les personnes, de renforcer ses liens avec les entreprises et d’évoluer en phase avec les mutations rapides du marché du travail.
Ce développement s’est réalisé dans un environnement exigeant, marqué par la sortie de la crise sanitaire, l’arrivée de personnes déplacées d’Ukraine, une transformation accélérée des métiers, les difficultés de recrutement dans plusieurs secteurs et, dès 2025, une remontée du chômage accompagnée d’une hausse des effectifs des personnes inscrites au chômage. Face à ces défis parfois contradictoires, la DGEM a progressivement renforcé son rôle d’interface entre les personnes en recherche d’emploi, les entreprises et les partenaires sociaux.
1. Accompagner chaque personne vers un retour durable à l’emploi
Le premier axe de la législature a consisté à adapter l’accompagnement des personnes en recherche d’emploi à la diversité croissante de leurs parcours.
Les difficultés rencontrées ne sont en effet pas toujours uniquement professionnelles. Elles peuvent aussi être liées à la santé, au logement, à l’endettement, à la maîtrise du numérique ou à une longue période d’éloignement du marché du travail. La DGEM a donc renforcé la conjugaison des compétences sociales et professionnelles dans ses missions d’accompagnement des personnes, notamment à travers les Unités communes ORP-CSR – dont la mission consiste à accompagner les bénéficiaires du RI aptes à travailler dans la recherche d’un emploi – et l’intégration de spécialistes en insertion socioprofessionnelle au sein des ORP.
Cette évolution s’est prolongée par la création du modèle d’accompagnement différencié. Plus de 300 collaboratrices et collaborateurs des ORP ont été formés à une méthodologie, qui permet d’adapter l’intensité et le contenu du suivi aux besoins de chaque personne.
L’objectif est de sortir d’une logique uniforme. Toutes les personnes inscrites au chômage ne rencontrent pas les mêmes obstacles et n’ont pas besoin des mêmes prestations.
Il s’agit de proposer le bon soutien et les mesures adéquates selon les profils, au bon moment, afin de favoriser un retour à l’emploi le plus durable possible.
2. Répondre aux besoins des entreprises et des régions
La DGEM a également renforcé un second versant de sa mission en matière de lutte contre le chômage. Aider les entreprises à trouver les compétences dont elles ont besoin.
Quatre plateformes régionales ont été développées afin de rapprocher davantage les ORP du tissu économique local. Elles ont permis la création de plusieurs forums de l’emploi, de tables rondes, d’opérations de recrutement rapide (speedrecruiting) et d’organisations d’événements en partenariat avec les associations économiques régionales. Dès 2023, plus de 6’000 entreprises entretiennent une relation active avec les ORP.
Ce rapprochement contribue à faire évoluer l’image du service public de l’emploi. Les ORP ne sont pas seulement les offices auprès desquels une personne s’inscrit lorsqu’elle perd son emploi. Ils confortent aussi leur rôle au sein du marché du travail comme partenaires de recrutement pour les employeurs, capables de présélectionner des profils, de proposer des formations et d’organiser des rencontres ciblées.
L’ancrage régional de ces plateformes est essentiel. Les besoins ne sont pas identiques dans le Chablais, le Nord vaudois, l’Arc lémanique ou la Broye. La politique de l’emploi veut ainsi rester proche du terrain, des entreprises et des réalités économiques locales.
3. Mobiliser tous les talents face à la pénurie de main-d’œuvre
La législature a été marquée par une situation apparemment paradoxale. Le chômage a progressé depuis fin 2024, alors que de nombreux secteurs (santé, hôtellerie-restauration, industrie, métiers techniques, etc.) continuaient à rencontrer des difficultés de recrutement.
Pour répondre à ce déséquilibre, la DGEM a développé des mesures ciblées en faveur de personnes dont les compétences restent parfois insuffisamment mobilisées. Deux programmes pilotes ont notamment été lancés pour accompagner les femmes souhaitant reprendre une activité professionnelle après une interruption : « Réussir son retour à l’emploi au féminin » et « Hire me I’m fabulous ».
Des mesures ont aussi été renforcées pour les personnes de plus de 50 ans, les cadres, les jeunes, les personnes issues de la migration et les titulaires d’un permis S. Pour ces-derniers, des formations certifiantes ont notamment été mises en place dans l’hôtellerie-restauration, l’intendance et la construction en partenariat avec le secteur privé.
La DGEM a également développé des formations en lien direct avec les besoins de l’économie, par exemple dans le domaine de la transition énergétique et de la pose de panneaux photovoltaïques.
Cette démarche a été élargie avec le plan d’action cantonal contre la pénurie de main-d’œuvre. Ses 19 mesures visent à maintenir l’employabilité, à mobiliser les talents disponibles, à préparer la relève dans les métiers essentiels et à mieux anticiper les besoins futurs.
L’enjeu est à la fois économique et social, permettre aux entreprises de disposer des compétences nécessaires, tout en donnant à davantage de personnes la possibilité de participer durablement au marché du travail.
4. Protéger les travailleurs et garantir un marché du travail équitable
L’action de la DGEM s’élargit bien au-delà de l’accompagnement de personnes au chômage et du placement. Elle est également chargée de surveiller le marché du travail et de garantir le respect des règles et les devoirs des employeurs en matière de salaire (dans les domaines non conventionnés), de travail au noir, ainsi qu’en matière de santé et sécurité au travail.
Durant la législature, une attention particulière a été portée aux nouvelles formes de travail, notamment aux activités exercées par l’intermédiaire de plateformes numériques. La régularisation du statut des livreuses et livreurs de repas constitue un résultat concret. Ces personnes bénéficient désormais d’un statut salarié et des protections sociales qui lui sont associées.
Un contrat-type de travail a également été adopté pour certains stages dans le domaine de la petite enfance, afin de lutter contre les stages de longue durée faiblement rémunérés et de mieux encadrer les conditions d’engagement.
Le dossier du salaire minimum s’inscrit dans cette même volonté de garantir des conditions de travail équitables, tout en préservant le partenariat social. À la suite de la votation de juin 2026, les travaux doivent se poursuivre afin de traduire dans la loi le principe accepté par la population.
La politique de l’emploi doit ainsi accompagner les transformations de l’économie, tout en cherchant à éviter que ces évolutions se fassent au détriment des travailleuses et des travailleurs ou des entreprises qui respectent les règles.
5. Accompagner les mutations des métiers et des compétences
Le marché du travail évolue rapidement sous l’effet de la numérisation, de la transition énergétique, de l’intelligence artificielle et des changements dans l’organisation du travail.
La DGEM a continuellement adapté ses mesures à ces transformations. De nouvelles offres ont été développées pour les personnes disposant de compétences numériques insuffisantes ou obsolètes, mais aussi pour les cadres et les spécialistes confrontés à l’évolution rapide de leur métier. Des formations intégrant l’intelligence artificielle dans de multiples secteurs sont désormais à disposition afin de permettre aux personnes en recherche d’emploi de mieux maîtriser les outils désormais utilisés par les entreprises.
L’accompagnement des transformations du marché passe aussi par une meilleure observation des besoins. Le renforcement du lien avec les entreprises et les associations économiques permet à la DGEM d’identifier plus tôt les compétences recherchées, les métiers en tension et les secteurs en transformation.
Il s’agit de renforcer l’employabilité avant que les compétences ne deviennent obsolètes et de préparer les personnes aux emplois de demain.
6. Renforcer un service public capable de faire face aux crises
Enfin, la législature a confirmé le rôle de la DGEM comme acteur de stabilité dans les périodes de crise.
À la sortie de la pandémie, elle a assuré la clôture des dispositifs liés aux réductions de l’horaire de travail (RHT) et les contrôles nécessaires. Dès 2022, elle a aussi adapté rapidement ses prestations pour accueillir dans les ORP les personnes titulaires d’un permis S et faciliter leur accès au marché du travail.
La DGEM est également intervenue lors d’annonces importantes de suppressions d’emplois, notamment dans les dossiers Vetropack et Micarna, afin de remplir le rôle qui lui est assigné légalement. À savoir : veiller au bon déroulement de la procédure de licenciement collectif, accompagner les personnes concernées, et rechercher, dans le cadre de la task force mise en place par le DEIEP, des solutions d’emploi pour les personnes licenciées avec les entreprises, les communes et les autres services de l’État.
En 2026, les difficultés techniques liées à l’introduction du nouveau système fédéral de paiement des indemnités de chômage ont représenté un autre défi majeur. La Caisse cantonale de chômage a dû mettre en place des mesures exceptionnelles afin de limiter les retards induits par cet applicatif fédéral et leurs conséquences pour les personnes concernées.
Ces épisodes illustrent l’importance d’un service public solide, agile et capable de maintenir ses prestations dans l’urgence tout en poursuivant ses réformes de fond.
Année après année
2022 : Du Service de l’emploi à la Direction générale de l’emploi et du marché du travail
- Création de nouvelles directions et de pôles au sein de la DGEM.
- Fin des mesures COVID avec des contrôles intensifs des entreprises jusqu’en avril et le paiement rétroactif des vacances pour les entreprises ayant bénéficié des RHT.
- Les ressortissants en provenance d’Ukraine, titulaires de permis S et en capacité de travailler sont pris en charge par les ORP et bénéficient d’autorisation de travailler délivrées par la DGEM.
- Mise en place d’un projet pilote unique en Suisse pour intégrer au sein des ORP des ressources de soutien et d’appui permettant d’améliorer l’accompagnement de demandeurs d’emploi présentant des difficultés sociales (logement, endettement, santé, etc.).
- Consolidation et pérennisation du dispositif cantonal des Unités-communes ORP-CSR destiné aux bénéficiaires du Revenu d’insertion (RI).
2023 : Rapprochement avec les entreprises et insertion ciblée
- Renforcement du lien ORP – entreprises, avec plus de 6’000 entreprises en relation active avec les ORP.
- Mise en place de quatre plateformes régionales pour mieux visibiliser les ORP et leur action au service des besoins économiques locaux.
- Formations certifiantes pour les personnes venues d’Ukraine avec permis S, notamment dans l’hôtellerie-restauration et l’intendance.
- Formation dans le domaine de la transition énergétique (pose de panneaux photovoltaïques).
- Renforcement des contrôles liés aux nouvelles formes de travail, en particulier aux plateformes numériques.
- Adoption d’un contrat-type de travail pour les stages dans la petite enfance, afin de lutter contre les stages faiblement rémunérés.
2024 : Protection, réinsertion et régionalisation du placement
- Lancement de deux programmes pilotes pour favoriser des mesures de soutien à la reprise d’emploi destinées aux femmes, notamment après une période éducative : « Réussir son retour à l’emploi au féminin » et « Hire me I’m fabulous ».
- Régularisation du statut des livreurs de repas. Toutes les personnes actives dans la livraison de repas via des plateformes numériques dans le canton bénéficient désormais du statut de salarié.
- Développement d’actions de promotion du service aux entreprises des ORP, via les plateformes régionales (forums emploi, tables rondes, speedrecruiting, etc), organisés en collaboration avec des associations économiques et des entreprises.
- Rapport final d’évaluation des Unités communes ORP– CSR, dispositif de prise en charge conjointe des bénéficiaires du RI avec potentiel d’employabilité.
- Accompagnement lors de licenciements collectifs à l’image de Micarna et Vetropack.
2025 : Individualisation de l’accompagnement et réponse à la hausse du chômage
- Finalisation et formation de l’ensemble des collaborateurs des ORP (plus de 300) au Modèle d’accompagnement différencié (MAD) fondé sur une individualisation du suivi selon une typologie des besoins.
- Multiplication des forums, speedrecruiting et événements régionaux avec les employeurs.
- Contre-projet salaire minimum (votation juin 2026).
- Plan d’action pénurie de main-d’œuvre doté de 16 mesures pour agir en faveur de l’emploi, afin d'anticiper les besoins.
- La caisse cantonale de chômage se prépare à travailler avec le nouveau système de paiement des personnes inscrites au chômage.
2026 : Une stabilisation du taux de chômage et poursuite des travaux de la DGEM sur les modifications légales (salaire minimum et Lemp)
- Déploiement du Modèle d’accompagnement différencié (MAD) après une phase test.
- Pérennisation des spécialistes en insertion professionnelle dans les ORP.
- Préparation de la campagne de communication sur l’obligation de rechercher un emploi avant son chômage.
- Accompagnement de l’introduction du nouveau système de paiement des indemnités de chômage (SIPAC 2.0).
- Introduction de nouvelles mesures du marché du travail intégrant notamment l’IA et pour les publics à faible compétences numériques.
- Refus d'une loi sur le salaire minimum par le peuple. Travaux à reprendre à la suite de son inscription dans la Constitution par la votation du 14 juin 2026.
- Renforcement des mesures pour les 50+, diversification des offres dans le domaine numérique et pour les cadres.
Bilan des activités du SPOP, de l’EVAM et du BCI
Synthèse du bilan de législature
Au cours de la législature 2022-2027, le Canton de Vaud a dû faire face à une pression migratoire exceptionnelle, liée notamment à la guerre en Ukraine et à la forte hausse du nombre de mineures et mineurs non accompagnés.
Dans ce contexte, le SPOP, l’EVAM et le BCI ont assuré l’accueil dans l’urgence, tout en transformant progressivement leur action. Le dispositif cantonal s’est structuré autour de trois principes : protéger les personnes vulnérables, favoriser l’autonomie par la langue et l’emploi, appliquer les décisions prévues par la loi.
1. Faire face à une pression migratoire exceptionnelle
La priorité a été de garantir des capacités d’accueil suffisantes.
À la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine, l’EVAM a ouvert une vingtaine de structures en 2022, puis huit centres supplémentaires en 2023. Il faut en effet rappeler que cette guerre a conduit au plus grand déplacement forcé de personnes en Europe depuis la 2e Guerre mondiale. Le nombre de personnes pris en charge par l’EVAM a plus que doublé en quelques mois. À la fin de 2023, plus de 12’600 personnes étaient assistées, dont environ la moitié avaient fui l’Ukraine. Ce nombre a atteint près de 13’000 personnes en 2025.
Cette mobilisation a nécessité de trouver rapidement des lieux d’hébergement, de renforcer les équipes, de développer l’offre de cours de français et de travailler étroitement avec les communes. Une démarche a également été engagée pour mieux répartir les personnes accueillies sur le territoire cantonal.
Le Canton de Vaud a ainsi répondu à une situation exceptionnelle sans rupture du dispositif d’accueil, avant d’adapter progressivement ses capacités à l’évolution des besoins.
Si cette situation a nécessité des moyens extraordinaires, des mesures d’économie sont mises en œuvre en parallèle. Ceux-ci cherchent à améliorer l’efficience des dispositifs, tout en préservant le niveau des prestations. Ainsi, entre les exercices 2025 et 2026, l’EVAM a réalisé environ 20 millions de francs d’économies, toutes choses égales par ailleurs, sans empiéter sur les prestations. Ceci dit, les charges restent toujours fortement dépendantes du nombre de personnes à accueillir.
2. Renforcer la protection des personnes les plus vulnérables
La prise en charge des mineures et mineurs non accompagnés a constitué l’un des principaux défis de la législature. Leur nombre est passé de 77 en février 2022 à plus de 460 à la fin de 2023. Dix-sept structures supplémentaires ont dû être ouvertes par l’EVAM. Lorsque les arrivées ont diminué, le dispositif a été restructuré. Le nombre de sites dédiés a été ramené de 20 à 11, avec une clarification des responsabilités et une harmonisation des pratiques.
Une attention particulière a également été portée aux femmes migrantes. Des solutions d’hébergement adaptées ont été développées et le dispositif destiné aux victimes de violence domestique au statut précaire a été renforcé. Ainsi, courant 2026, un foyer destiné uniquement aux femmes vulnérables et leurs enfants a été mis en place par l’EVAM. L’objectif a été de dépasser la seule réponse à l’urgence pour consolider un accompagnement durable, adapté à l’âge, au parcours et aux vulnérabilités de chaque personne.
3. Favoriser l’autonomie par la langue et l’emploi
La langue et l’emploi sont progressivement devenus les principaux leviers de l’intégration. L’offre de cours de français destinée aux titulaires du permis S a fortement augmenté, jusqu’à atteindre plus de 140 classes par semestre, dont la moitié environ à l’EVAM et l’autre moitié auprès de prestataires externes. Des formations courtes ont aussi été développées avec les branches professionnelles, notamment dans l’hôtellerie-restauration, l’intendance et la construction.
En 2025, le dispositif d’insertion professionnelle des personnes venues d’Ukraine a été réorganisé. Les titulaires du permis S aptes à travailler sont désormais inscrits systématiquement auprès des ORP.
Aujourd’hui, le recours à l’aide sociale des titulaires de permis S est parmi les plus bas de toute la Suisse.
Le Canton de Vaud a également renforcé l’intégration des personnes admises à titre provisoire. Au cours de la législature, jusqu’en août 2026, 1'250 titulaires de permis F ont accédé durablement au marché de l’emploi. Entre 2023 et 2025, plus de 1’700 titulaires d’un permis F ont obtenu un permis B en raison de leur bonne intégration.
Cette politique poursuit un objectif clair, celui de permettre aux personnes accueillies de participer à la vie économique, de gagner en autonomie financière et de réduire durablement leur dépendance à l’assistance.
4. Appliquer les décisions et reconnaître l’intégration réussie
Le bilan repose également sur une application claire du cadre légal. Le nombre de départs contrôlés a progressé durant la législature, pour atteindre 886 en 2025, soit près de deux départs et demi par jour. Une part importante concernait des transferts dans le cadre des accords de Dublin ou des personnes faisant l’objet d’une condamnation pénale ou d’une expulsion judiciaire.
Dans le même temps, le Canton de Vaud a reconnu les parcours d’intégration réussis. Des personnes déboutées de l’asile ont ainsi pu obtenir une régularisation lorsqu’elles remplissaient les conditions légales, notamment en matière de durée de séjour, d’intégration et d’absence de condamnation.
L’équilibre politique peut se résumer ainsi : les décisions entrées en force sont appliquées, tandis que les personnes qui remplissent les critères légaux voient leur intégration reconnue.
5. Lutter contre le racisme, l’exploitation et les mariages forcés
Le Bureau cantonal pour l'intégration des étrangers et la prévention du racisme a renforcé son action contre les discriminations et les formes spécifiques de contrainte ou d’exploitation.
Trois plans d’action contre le racisme ont été développés, avec la police, dans les établissements scolaires et au sein de l’EVAM. Une nouvelle consultation spécialisée a également été ouverte à Yverdon-les-Bains pour compléter l’offre disponible à Lausanne et dans le reste du canton.
Un dispositif interdépartemental de lutte contre les mariages forcés a été mis en place sous le pilotage du BCI. Il comprend une table ronde réunissant les services concernés ainsi qu’une consultation spécialisée destinée aux personnes touchées et aux professionnelles et professionnels.
La détection et la protection des victimes de traite des êtres humains ont également été renforcées. En 2025, le nombre de délais de réflexion et d’autorisations de séjour accordés aux victimes identifiées a augmenté.
L’intégration implique ainsi non seulement l’apprentissage de la langue et l’accès à l’emploi, mais aussi la protection des droits fondamentaux et la lutte contre toutes les formes de discrimination et d’exploitation.
6. Moderniser et rendre les prestations plus accessibles
Enfin, le SPOP a engagé une transformation importante de ses prestations. La réorganisation de la Division étrangers, la création d’une cellule mobile et une meilleure polyvalence des équipes ont permis de réduire fortement le nombre de dossiers en attente. Les retards ont diminué de 55% en douze mois.
L’état civil a été regroupé dans de nouveaux locaux à l’Avenue de Sévelin, avec des guichets accessibles sans interruption durant la journée et une salle permettant de célébrer les mariages sur place. En 2023, près de 35’700 événements d’état civil ont été enregistrés et près de 9’000 personnes sont devenues suisses.
La dématérialisation a également progressé avec le changement d’adresse en ligne, le renouvellement électronique des permis C, la gestion numérique des rapports de police et le développement des démarches destinées aux employeurs de personnes frontalières.
Cette modernisation s’accompagne d’un effort d’accessibilité. La brochure « Bienvenue dans le canton de Vaud » a notamment été adaptée en français facile à lire et à comprendre, tandis que le personnel de l’état civil a été formé au langage simplifié.
Année après année
2022 : Guerre en Ukraine et mobilisation exceptionnelle pour l’accueil
- Reprise de la gestion de l’ensemble des frontaliers par la division Etrangers, au détriment des communes pour une meilleure efficience, avec la mise à disposition des employeurs de l’ensemble des prestations en ligne pour cette catégorie de travailleurs.
- Début de la guerre en Ukraine. Doublement du nombre de bénéficiaires de l’EVAM en quelques mois. Ouverture de 20 nouveaux foyers pour accueillir les migrants. Fort engagement de la société civile pour héberger, avec l’accompagnement par l’EVAM. Engagements d’effectifs supplémentaires à l’EVAM pour faire face à la demande. Objectifs : un toit et à manger pour toutes et tous.
- Ouverture de 4 structures supplémentaires dédiées aux mineurs non accompagnés.
2023 : Pression migratoire, mineurs non accompagnés et modernisation de l’état civil
- Forte pression dans le domaine de l’asile : L’EVAM assistait plus de 12’600 personnes à la fin de l’année, dont environ la moitié ayant fui l’Ukraine.
- Ouverture de 8 nouveaux centres d’hébergement collectif, après les 20 foyers ouverts en 2022.
- Forte hausse des mineurs non accompagnés : 462 en décembre 2023, contre 283 fin 2022 et 77 en février 2022.
- Hausse des départs contrôlés : 760 départs, soit +14, 6 % par rapport à 2022.
- Mises en œuvre d’expulsions pénales : 213 cas, soit 28 % des départs contrôlés.
- Passage de 591 titulaires de permis F vers un permis B grâce à leur bonne intégration.
- Régularisation (permis B) de 12 personnes déboutées de l’asile.
- Ouverture de 12 structures supplémentaires dédiées aux mineurs non accompagnés.
- Nouvelle organisation de l’état civil dans les locaux de Sévelin, avec gains d’efficacité et réduction des délais. Nouvelle salle de mariage permettant de faire le 2 en 1 et se marier sur place à la suite du rendez-vous préparatoire de mariage. Ouvertures de guichets sans rendez-vous non-stop entre 08h00 et 16h30. Enregistrement de 35’709 événements d’état civil.
- Refonte complète de la loi cantonale sur l’état civil. Centralisation des bureaux.
- Record de naturalisations : 8’994 personnes devenues suisses dans le canton.
- Mise en œuvre du dispositif d’accompagnement des personnes migrantes victimes de violence domestique sans statut ou au statut précaire, décidé par le CE en 2022.
- Changement de direction et d’organisation de la division Etrangers, notamment avec la mise en place d’une cellule mobile et le développement de l’interchangeabilité qui ont contribué à réduire de 55% les retards sur 12 mois. La moyenne mensuelle du nombre de dossiers en attente de traitement est passée de 22’350 à 10'000.
2024 : Collaboration avec les communes, intégration et dématérialisation des démarches.
- Hausse des départs contrôlés : 860 départs, soit +13,2% par rapport à 2023.
- Record de mises en œuvre d’expulsions pénales : 232 cas, soit 27% des départs contrôlés.
- Passage de 556 titulaires de permis F vers un permis B grâce à leur bonne intégration.
- Régularisation (permis B) de 31 personnes déboutées de l’asile.
- Cérémonie à Beaulieu pour remercier les familles vaudoises d’avoir accueilli les permis S.
- Développement d’un projet pilote de formations courtes dans le domaine de l’hôtellerie-restauration et de l’intendance, en collaboration entre l’EVAM, la DGEM et GastroVaud, à destination principalement des permis S.
- Développement d’une offre de formation multimétiers entre l’École de la construction (FVE) et l’EVAM, à destination principalement des permis F.
- Ouverture d’une structure supplémentaire dédiée aux mineurs non accompagnés.
- Elaboration d’une feuille de route pour faire évoluer la prise en charge des mineurs non accompagés.
- Progression du taux d’emploi des personnes avec admission provisoire après 6 à 7 ans en Suisse : 50,6%, légèrement au-dessus de la moyenne suisse.
- Déploiement du changement d’adresse en ligne via eDéménagement : 76 communes actives, 20 en processus d’adhésion et près de 13’000 déménagements enregistrés depuis mai 2024.
- Gestion électronique des rapports de police pour l’ensemble des dossiers du SPOP et non plus papier, permettant depuis lors une prise en charge au jour le jour (résorption totale des retards).
2025 : Stabilisation de l’asile, emploi des Ukrainiens et lutte contre la traite
- Accueil des familles gazaouies.
- Nouveau site pour la primo-info "Bonjour !" de l'EVAM.
- Niveau record de personnes assistées dans l’asile : Près de 13’000 personnes, dont environ la moitié venue d’Ukraine.
- Baisse marquée des mineurs non accompagnés : 292 en décembre, contre 467 fin 2023.
- Réduction des structures dédiées aux mineurs non accompagnés de 20 à 11 pour adapter la capacité aux besoins.
- Clarification de la gouvernance de la prise en charge des mineurs non accompagnés ; mise en œuvre de la feuille de route, comportant notamment l’élaboration de nouveaux concepts socio-éducatifs,destinés à harmoniser les pratiques.
- 886 départs contrôlés, soit près de 2,5 renvois par jour (tous les jours), dont 296 transferts Dublin.
- 301 départs concernaient des personnes avec condamnation pénale, dont 235 expulsions judiciaires.
- Régularisation (permis B) de 49 personnes déboutées de l’asile en raison de leur intégration.
- Passage de 578 titulaires de permis F vers un permis B grâce à leur bonne intégration
- Restructuration du dispositif d’intégration professionnelle des titulaires de permis S venus d’Ukraine.
- Inscription systématique aux ORP des personnes / permis S aptes à travailler.
- Atteinte des objectifs fédéraux en matière d’emploi des personnes avec statut S.
- Campagne de sensibilisation des contrôles des habitants à la traite des êtres humains, dans le cadre des semaines d’action coordonnées par l’OIM.
- Déploiement de la prestation en ligne pour le renouvellement des permis C permettant aux administrés, au Service des curatelles et tutelles professionnelles, ainsi qu’aux communes de solliciter la prolongation des autorisations d’établissement par voie électronique. À ce jour, à l’exception de six communes, toutes les autres proposent cette alternative.
- Point presse sur le renforcement durable du dispositif pour les MNA.
2026 : Efficience de l’accueil, simplification des démarches et protection des publics vulnérables
- Loi sur le service aux habitants est mise en consultation publique. Le Grand Conseil devrait s’en emparer en 2027/2028.
- Formation sur le langage simplifié dispensée par l’Association Lire et Écrire et coordonnée par le BCI à l’ensemble du personnel de l’État civil vaudois.
- L’Etat civil se dote d’un nouvel outil de sondage satisfaction client afin d’identifier les axes d’amélioration de la qualité de ses prestations, en collaboration avec l’ONA.
- Nombre de bénéficiaires de l’EVAM atteint 13'200 (septembre). Forte pression continue sur le dispositif d’hébergement.
- Réalisation d’économies substantielles par l’EVAM (environ 20 millions de francs), sans impacter le niveau des prestations.
- Mise en œuvre des concepts socio-éducatifs pour les mineurs non accompagnés.
- Mise en place d’un foyer dédié aux femmes vulnérables et leurs enfants.
- Au sein de la division Etrangers, la moyenne mensuelle du nombre de dossiers en attente de traitement passe sous la barre des 9'000.
BCI
Lancement de trois plans d’actions de lutte contre le racisme systémique
- Création en 2022 d’une plateforme police-associations présidée par le BCI et la Polcant et déploiement de formation de prévention du racisme pour les aspirants de 2e année.
- Lancement d’un plan d’action dans les écoles par le Conseiller d’Etat, en août 2025 en étroite collaboration avec le BCI. Déploiement d’un plan d’action dans le cadre d’un COPIL DEF-DEIEP.
- Mise au point d’un plan d’action de lutte contre le racisme au sein de l’EVAM.
- Ouverture d’une troisième consultation pour les personnes confrontées au racisme à Yverdon, en complément de celle financée pour la Ville de Lausanne et de celle assurée pour le BCI pour le reste du canton.
Développement et mise en œuvre d’une politique vaudoise d’intégration professionnelle des titulaires de permis S et F
- En étroite coordination avec l’EVAM et la DGEM depuis le printemps 2022, le BCI a piloté la mise en œuvre d’un dispositif d’accompagnement des permis S vers l’emploi ; depuis leur accès à des cours de langue, assurés par l’EVAM, à leur placement en emploi, assurés par les ORP. L’intégration des personnes en provenance d’Ukraine a largement mobilisé les services du DEIEP depuis 2022. En 2025, une nouvelle stratégie de prise en charge des permis S aptes à l’emploi a été implémentée, laquelle repose sur un accompagnement conjoint des bénéficiaires prêts à travailler par les ORP.
Cours de langues
- Renforcement de l’offre des cours de langues orientés emploi et de niveau B1-B2.
Lutte contre les mariages forcés dans le canton de Vaud, validation par le Conseil d’Etat en 2023 d’un dispositif interdépartemental piloté par le BCI
- Création d’une table ronde inter-services présidé par le BCI
- Consultation spécialisée pour le suivi des situations de mariages forcés : soutien et conseils aux professionnels et suivi des situations, assurée par le BCI
Mesures pour une meilleure accessibilité de l’information administrative
- Brochure Bienvenue dans le canton de Vaud, éditée en FALC (Français facile à lire et comprendre).
- Transmission d’informations écrites et orales via WhatsApp, pour le public isolé notamment.
Bilan des activités du BEFH
Synthèse du bilan de législature
Au cours de la législature 2022-2027, le Canton de Vaud a renforcé son action en faveur de l’égalité autour de deux priorités : la lutte contre la violence domestique et l’égalité professionnelle et salariale.
Notre action visait à développer des solutions innovantes, les déployer à plus grande échelle, puis les inscrire durablement dans les institutions et dans la loi. Cette progression se retrouve aussi bien dans la prévention de la violence que dans les contrôles de l’égalité salariale.
1. Renforcer durablement la lutte contre la violence domestique
La lutte contre la violence domestique constitue l’axe principal. L’action du Canton de Vaud couvre désormais l’ensemble de la chaîne : prévention, détection, protection des victimes, accompagnement des enfants exposés, suivi des personnes auteures et coordination entre les acteurs de la justice, de la police, de la santé et du domaine social.
Le plan cantonal de mise en œuvre de la Convention d’Istanbul, qui comprend 35 mesures, a fourni le cadre de cette politique. Par ailleurs, l’Observatoire de la violence domestique permet de suivre année après année l’évolution de la situation et de mieux orienter l’action publique.
L’aboutissement le plus structurant est le projet de révision de la loi vaudoise sur la violence domestique adopté par le Conseil d’État. Il vise à renforcer durablement la protection et la prise en charge, à améliorer la gestion des risques et des menaces ainsi que la prévention des récidives et finalement à mieux intégrer les enfants exposés à la violence.
La réforme prévoit également une augmentation de l’offre d’hébergement d’urgence, avec un nouveau refuge de 12 à 15 places dans le Nord ou l’Est du canton, davantage de logements de transition et un projet pilote destiné aux jeunes femmes victimes.
2. Prévenir plus tôt grâce aux relais de proximité
Le BEFH a développé des outils permettant d’intervenir avant que les violences ne s’installent ou ne s’aggravent.
La première formation certifiante de Suisse consacrée à la violence domestique a ainsi été conçue pour le personnel des pharmacies. Les 260 officines du canton constituent des lieux de proximité dans lesquels les victimes peuvent plus facilement demander de l’aide. Le dispositif a e été repris dans plusieurs cantons, traduit en allemand et en italien, puis complété par une formation consacrée aux violences dans les couples âgés.
La prévention auprès des jeunes a également été renforcée. La campagne numérique « Amoureux.se » s’adresse aux 16-25 ans et aborde les signes d’une relation violente, les comportements de contrôle et, plus récemment, le consentement sexuel. Le jeu sérieux « ALTernatives : Pour une relation sans violence » est déployé dans des établissements scolaires depuis la rentrée 2025-2026.
À l’école, le programme « As de cœur » a fait l’objet de 69 mises en œuvre pour la période allant de juin 2023 à décembre 2025. De nouvelles séquences pédagogiques ont également été développées sur les stéréotypes, les codes vestimentaires et la « dark romance ».
L’objectif est de donner aux jeunes et aux professionnelles et professionnels de proximité les moyens de reconnaître les signaux d’alerte, d’orienter les personnes concernées et d’intervenir plus rapidement.
3. Mieux protéger les victimes dans la diversité de leurs situations
Le bilan montre également une attention renforcée aux victimes confrontées à des vulnérabilités particulières.
Des mesures spécifiques ont été mises en place pour les femmes migrantes victimes de violence domestique. La durée de l’hébergement d’urgence au Centre Malley-Prairie a été portée à 60 jours, indépendamment du statut de séjour. L’accompagnement assuré par le Service de la population et le Centre social protestant a été renforcé, tandis que deux étages d’un foyer de l’EVAM ont été réservés aux femmes et à leurs enfants.
Une campagne d’information a par ailleurs été déployée à l’intention des victimes dont le statut de séjour est précaire, afin de mieux faire connaître leurs droits et les dispositifs d’aide et de soutien disponibles.
Le BEFH a aussi approfondi la prise en compte des enfants exposés à la violence domestique, notamment à travers une étude et un colloque, organisés avec le CHUV. Cette évolution contribue à reconnaître que les enfants ne sont pas uniquement des témoins, mais qu’ils subissent eux aussi directement les effets de la violence.
L’enjeu est de proposer une protection adaptée à la réalité de chaque victime : Son âge, sa situation familiale, son statut administratif et son lieu de vie.
4. Garantir concrètement l’égalité salariale
Le deuxième grand pilier de la législature est le renforcement des contrôles de l’égalité salariale dans les marchés publics et les subventions.
Dès 2023, le dispositif a été étendu aux entités employeuses de moins de 50 personnes. Une étude économétrique a ensuite permis de mieux cibler les organisations à contrôler en fonction du risque de non-respect de l’égalité salariale.
En 2024, le cap des 50 contrôles a été franchi. Les mises en conformité imposées aux entreprises ont entraîné plus d’un million de francs de revalorisations salariales pérennes par année, principalement au bénéfice des femmes.
Ce résultat donne une portée très concrète à la politique d’égalité. Lorsque des fonds publics sont engagés, le respect de l’égalité salariale ne repose pas uniquement sur une déclaration de principe : il est contrôlé et, si nécessaire, corrigé.
Cette action protège les personnes salariées, mais aussi les entreprises qui respectent les règles et ne doivent pas subir la concurrence d’acteurs pratiquant des discriminations salariales.
5. Faire du Canton de Vaud un moteur de la coopération romande
Le Canton de Vaud a également joué un rôle moteur dans le renforcement de la coopération intercantonale.
En 2023, la première Rencontre romande des conseillères et conseillers d’État en charge de l’égalité a été organisée à Lausanne. Elle a abouti à la signature d’une charte destinée à renforcer la coordination politique et l’échange de bonnes pratiques entre les cantons.
Cette dynamique a ensuite conduit à la création d’un Centre de compétence romand pour le contrôle de l’égalité salariale, en collaboration avec la HES-SO Valais-Wallis. Le centre permet de mutualiser les compétences, d’harmoniser les méthodes et d’offrir aux cantons et aux villes partenaires un dispositif de contrôle spécialisé : Une première en Suisse.
Les formations sur la violence domestique ont suivi une trajectoire comparable. Développées dans le Canton de Vaud, elles ont ensuite été reprises dans plusieurs régions du pays.
Ces projets illustrent une capacité à changer d’échelle. Une innovation cantonale peut devenir un outil romand, voire national, lorsqu’elle répond à un besoin partagé.
6. Renforcer l’autonomie économique et la participation des femmes
L’égalité se construit aussi par l’autonomie économique, la liberté des choix professionnels et une représentation plus équilibrée dans les lieux de décision.
Le BEFH a renforcé l’accès à l’information sur les droits liés au travail, à la grossesse, à la maternité, à la parentalité et au salaire. Des rencontres consacrées à la prévoyance professionnelle sont également organisées plusieurs fois par année, afin de sensibiliser les femmes aux conséquences financières des interruptions ou réductions d’activité au long de la vie.
La Journée Oser tous les métiers agit en amont sur les choix professionnels. Elle propose désormais 36 ateliers et plus de 1’600 places, contre six ateliers et 500 places en 2012. Elle permet aux filles comme aux garçons de découvrir des métiers dans lesquels leur genre reste encore sous-représenté.
La participation politique a elle aussi été soutenue. Les campagnes menées autour des élections communales ont accompagné une progression de la part des candidatures féminines, passée de 27% à 32%.
Enfin, le premier Prix vaudois PME « Agir pour l’égalité » a permis de valoriser les entreprises qui mettent en place des mesures concrètes. La préparation d’une première stratégie cantonale de l’égalité doit désormais donner un cadre commun et durable à l’ensemble de ces actions.
Année après année
2022 : Début de la législature
- Le BEFH a rejoint le Département de l’économie, de l’innovation, de l’emploi et du patrimoine (DEIEP)
- Formation portant sur de la violence domestique dans le cadre du « Cours du Procureur général » réunissant l’ensemble des procureur·e·s et greffier·ère·s du Ministère public vaudois.
- Développement de la première formation certifiante en Suisse consacrée à la violence domestique et destinée aux pharmacien·ne·s et aux assistant·e·s en pharmacie des 260 officines du canton.
- Travaux préparatoires réalisés en 2022 pour étendre les contrôles aux petites entités employeuses dès janvier 2023.
- Etude mandatée par le BEFH évaluant les effets d’une variation du seuil conventionnel de 5% au niveau des contrôles de l’égalité salariale : a nourri la réflexion nationale sur la valeur limite qui est passée de 5 à 2,5%.
- Publication d’une Foire aux questions sur le droit du travail et l'égalité (grossesse, maternité, paternité et salaire) destinée aux employé·e·s, aux mères et pères, ainsi qu’aux responsables des ressources humaines dans les entreprises.
- Débat public « Parlons Leg » avec des spécialistes du droit et des ressources humaines afin de promouvoir la mise en œuvre de la loi fédérale sur l'égalité entre les femmes et les hommes (LEg) dans le canton de Vaud.
- Débat public « Quand les femmes (ne) prennent (pas) le pouvoir » consacré à l’accession des femmes aux organes de direction dans les entreprises privées.
- Développement d’une nouvelle séquence pédagogique intitulée « Tenues vestimentaires : Des codes et des choix », qui s’inscrit dans le matériel « L’école de l’égalité ».
2023 : Année de lancement et d'innovation
- Lancement de la campagne de prévention sur les réseaux sociaux « Amoureux.se » destinée aux 16-25 ans et qui traite de la prévention de la violence dans le couple.
- Exposition « Plus fort que la violence », visitée par plus de 1'000 jeunes.
- Lancement de l'évaluation de la loi sur la violence domestique (LOVD).
- Renforcement du dispositif cantonal de contrôle des marchés publics et subventions par l’extension des mécanismes de contrôle de l'égalité salariale aux employeurs de moins de 50 personnes.
- Dans le cadre de la présidence vaudoise de la Conférence romande des bureaux de l'égalité, organisation de la 1ère Rencontre romande des Conseillères et Conseillers d’Etat en charge de l'égalité et signature d’une charte visant à renforcer la politique publique de l’égalité et la coopération intercantonale.
- Etude sur la conciliation emploi-famille auprès des entreprises vaudoises réalisée par Pro Familia avec le soutien du BEFH.
- Collaboration à la création d’une page internet de Statistique Vaud « Les chiffres-clés de l'égalité entre les femmes et les hommes » et mise à disposition d'une septantaine de tableaux statistiques sur l'égalité femmes-hommes dans différents domaines.
- Edition revue et argumentée du guide de rédaction égalitaire « L’égalité s’écrit ».
- Sous la présidence du BEFH, la Conférence romande des bureaux de l’égalité a organisé les Assises 2023 de l’égalité à Lausanne sur le thème de « La place des hommes dans l’égalité ».
2024 : Année de déploiement et de changement d'échelle
- Bilan des mesures de soutien aux migrantes victimes de violence domestique qui consistaient en l’extension de la durée de l’hébergement d’urgence au Centre Malley-Prairie à 60 jours, le renforcement de l’accompagnement par le SPOP et le CSP et l’attribution de 2 étages d’un foyer EVAM aux femmes.
- Campagne d'information dédiée aux victimes de violence domestique au statut précaire.
- Campagne à l'attention des auteurs de violence domestique développée en collaboration avec la DIRIS.
- Colloque coorganisé par BEFH et le CHUV portant sur la parole des enfants exposés à la violence domestique.
- Meilleur ciblage des entités contrôlées par la réalisation d'une étude économétrique novatrice qui propose des approches de sélection des entités à contrôler sur la base du risque de non-respect de l’égalité salariale.
- En 2024, la barre des 50 contrôles du respect de l’égalité salariale a été franchie dans les marchés publics et les subventions. Les mises en conformité d’entreprises dans le cadre des contrôles de l’égalité salariale ont mené à plus d’un million de francs de revalorisations salariales pérennes qui ont principalement concerné des femmes.
- Débat public de la Commission cantonale consultative de l’égalité (CCCE) sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans le secteur artistique et culturel.
- En 2024, 40 mises en œuvre du programme « As de cœur » dans les établissements vaudois en collaboration avec l’Unité de promotion de la santé et de prévention en milieu scolaire (UPSPS) et la Fondation Radix.
- Collaboration au 2e Baromètre de l’égalité publié par la CSDE, portant sur les perceptions et attentes de la Génération Z vis-à-vis de l’égalité.
2025 : Année de consolidation et de réforme
- Bilan intermédiaire du plan d'action cantonal en vue de la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul 2020-2027 (35 mesures).
- Collaboration à la campagne romande de sensibilisation et d’information sur les dispositifs de prise en charge des victimes d’agression sexuelle dans les hôpitaux publics (Genève, Vaud et Valais).
- Développement en collaboration avec le Bureau de l’égalité genevois d’une formation certifiante sous format gamifié destinée au personnel des pharmacies sur la violence de couple chez les seniors pour la Suisse romande et alémanique.
- Développement par le BEFH pour la Conférence romande des bureaux de l’égalité du jeu sérieux « ALTernatives : pour une relation sans violence » destinée aux jeunes de 16 à 25 ans et déployé au sein d’établissements scolaires du canton de Vaud depuis la rentrée 2025-2026.
- Mise en œuvre d’un système de sélection des entités à contrôler sur la base du risque de non-respect de l’égalité salariale.
- Développement par le Canton de Vaud pour la Suisse romande d’un concept pour la création d’un centre de compétence romand pour le contrôle de l’égalité salariale.
- Dans le cadre de la 2e Rencontre romande des Conseillères et Conseillers d’Etat en charge de l'égalité, signature d’un accord intercantonal avec la HES-SO Valais-Wallis permettant la création d’un centre de compétence romand pour le contrôle de l’égalité salariale.
- Débat public de la CCCE sur l’égalité au sein de la génération Z
- A l’occasion des élection communales 2025, soutien à la participation des femmes en politique au travers de la campagne de l’Etat de Vaud « Pour ma commune » et à la campagne « Ça y est ! Je m'engage pour ma commune », de l’association politiciennes.ch. Hausse de la part des candidatures féminines aux élections communales : 32% contre 27% en 2021.
- Développement par le Canton de Vaud d’une nouvelle séquence pédagogique portant sur la « Dark romance », qui s’inscrit dans le matériel « L’école de l’égalité » publié par la Conférence romande des bureaux de l’égalité.
2026 : Année de concrétisation et d’aboutissement
- Développement d’un nouveau volet de la campagne sur les réseaux sociaux « Amoureux.se », consacré au consentement sexuel.
- Adoption par le Conseil d’Etat d’une révision de la loi vaudoise d’organisation de la prévention et de la lutte contre la violence domestique (LOVD).
- Adoption d’une stratégie de communication 2026-2032 de la prévention et lutte contre la violence domestique.
- Soutien au démarrage des activités du centre de compétence romand pour le contrôle de l’égalité salariale.
- Réalisation de contrôles supplémentaires confiés au centre de compétence romand.
- Soutien aux cantons et villes romands qui ont rejoint le centre de compétence.
- Présentation du centre de compétence romand pour le contrôle de l’égalité salariale lors de l’anniversaire des 30 ans de la loi sur l’égalité organisé par l’Office fédéral de la justice.
- Remise du premier Prix vaudois PME – Agir pour l’égalité.
- Développement d’un site, en collaboration avec Statistique Vaud, présentant les Chiffres de l’égalité.
- Lancement des travaux de préparation de la première stratégie cantonale d’égalité.