Agent de transport ferroviaire: un métier qui bouge

Apprenti agent de transport ferroviaire, Mathis Bachmann a trouvé sa vocation sur les rails.
«Je voulais travailler dehors, dans le domaine du transport.» C’est en ces termes que Mathis Bachmann, 18 ans, résume son choix de carrière. Actuellement en dernière année d’apprentissage d’agent de transport ferroviaire, il a opté pour une voie qui répond parfaitement à ses critères. Cette décision ne s’est cependant pas prise en un jour et a nécessité recherches, réflexions et expériences variées.
Trouver sa voie
«J’étais très intéressé par la mécanique et j’ai réalisé deux stages en polymécanique, dans deux ateliers différents. C’est là que j’ai réalisé qu’un travail à l’intérieur ne me convenait pas.» Le jeune homme expérimente ensuite le monde des transports durant un stage de constructeur de voies ferrées. L’expérience lui plaît, mais c’est finalement lors d’un stage de conducteur de véhicules lourds à la base logistique de l’Armée qu’il découvre sa vocation: il a l’occasion d’observer un agent de transport ferroviaire manoeuvrant des wagons et de le questionner sur son métier. «Je me suis dit, c’est ça que je veux faire!». Quelques recherches et démarches plus tard, le jeune homme décroche un stage auprès de login, l’entreprise qui gère notamment la formation des agents de transport ferroviaire, avant d’être engagé comme apprenti.
Rigueur et précision
«Le matin, on se prépare, on organise la journée avec les collègues, puis on se rend sur les voies.» A la gare d’Estavayer- le-lac, Mathis travaille pour CFF Cargo. Son rôle? Préparer minutieusement les trains marchandises qui partent vers 13 heures. Le client s’occupe du chargement du contenu; Mathis et son équipe gèrent l’aspect extérieur, la sécurité et la manoeuvre. «On trie les wagons, on inspecte leur état, les freins, les défauts visibles, et on vérifie que le chargement respecte les règles strictes du transport. C’est très technique: on doit savoir ce qui a le droit de rouler et comment réagir en cas d’anomalie.» Chaque wagon doit également être positionné au bon endroit pour faciliter le transit dans les gares suivantes et éviter tout incident lors du voyage.
Un métier exigeant
«Il faut une bonne condition physique.» Le jeune homme est en effet constamment en mouvement, marchant beaucoup au cours de sa journée et se baissant régulièrement pour crocher les wagons, tout en restant concentré. «On doit surveiller le parcours, vérifier que les aiguillages soient en bonne position, garder son calme en situation de stress. C’est un métier qui m’a fait gagner en maturité et en autonomie.» De bonnes compétences sociales sont également indispensables: «On travaille avec des collègues, toujours en binôme, et de nombreux clients. Chez ces derniers, on représente l’entreprise.»
Avantages et perspectives d’évolution
«Ce que j’adore, c’est la variété, la collaboration constante dans les équipes et l’ambiance conviviale du métier. Je suis dans l’action, dehors tous les jours.» Mathis Bachmann ne voit pas d’inconvénient à son métier, si ce n’est l’exposition aux intempéries: «Ce n’est pas toujours évident, mais on apprend à gérer cela.» L’apprenti est actuellement détenteur du permis élève A40, qui lui permet d’évoluer en gare uniquement, à 40km/h. Afin d’élargir ses compétences, il envisage d’obtenir un permis de conduite plus élevé, lui donnant la possibilité de conduire des locomotives sur la voie principale. Bien qu’exigeant, le métier offre de belles perspectives de carrière: «Un permis ferroviaire est un atout. Notre profil est recherché par de nombreuses entreprises. »
Un cursus complet
La formation professionnelle initiale d’agent de transport ferroviaire s’effectue en 3 ans. Si Mathis Bachmann évolue actuellement dans le transport de marchandises, le cursus couvre également les spécificités du transport de voyageurs. Les apprentis et apprenties ont par ailleurs l’opportunité de réaliser des stages linguistiques. Mathis a ainsi accompli un stage de six mois à Brig, une expérience qui lui a permis d’améliorer son allemand tout en découvrant une nouvelle pratique professionnelle.
Zoé Schneider
Office cantonal d'orientation scolaire et professionnelle
Publié dans le 24 heures du 17 septembre 2026