Au coeur de l’action climatique: l’ingénieur en énergie et techniques environnementales

D’installateur sanitaire à responsable Ingénierie&Conseils, Vincent Ackermann met aujourd’hui son expertise au service de la transition énergétique.
Rénovation et optimisation énergétique des bâtiments: derrière cette mission essentielle pour atteindre les objectifs climatiques de la Suisse se trouvent des ingénieures et ingénieurs spécialisés en énergie et techniques environnementales. «Quand on construit un bâtiment, le chef d’orchestre, c’est l’architecte. Mais quand on rénove, c’est l’énergéticien, c’est l’ingénieur », explique Vincent Ackermann, responsable du pôle Ingénierie & Conseils au sein d’ID GO Management SA, une société spécialisée dans la rénovation énergétique de grands parcs immobiliers. Une mission qui résonne fortement avec les objectifs climatiques de la Confédération et du Canton de Vaud visant la neutralité carbone à l’horizon 2050. La nouvelle loi sur l’énergie adoptée en février 2026 cherche justement à accélérer la transition énergétique et à renforcer significativement l’autonomie énergétique du canton. Le secteur du bâtiment est particulièrement visé: assainissement des bâtiments, fin des chauffages fossiles, accompagnement des propriétaires immobiliers, etc. C’est dans ce contexte que s’inscrit le travail de Vincent et de son équipe – ou sa «dream team», comme il la surnomme. «Notre travail permet de diminuer considérablement la consommation énergétique des bâtiments. En moyenne, par parc immobilier, les besoins énergétiques peuvent être divisés par deux et les gaz à effet de serre (GES) par sept», précise-t-il. Ces chiffres illustrent le potentiel d’économie d’énergie dans un secteur qui a généré 22% des émissions de GES totales en Suisse en 2024, soit 8,3% de moins qu’en 1990 (source: Office fédéral de l’environnement, avril 2026). «Les émissions de CO2 dans le secteur diminuent depuis vingt ans, mais il y a encore un potentiel énorme pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050», souligne l’expert. Un potentiel qui ne sera exploité qu’à la condition d’avoir suffisamment de professionnels formés. Or, selon les représentants de la branche et des milieux de la formation, les besoins sont élevés et déjà insuffisants actuellement. Un constat partagé par Vincent: «Il manque beaucoup d’ingénieurs en technique des bâtiments.» Un paradoxe, étant donné des perspectives de carrière importantes et un impact concret sur la société, comme l’illustre le parcours de l’ingénieur vaudois.
La découverte d’une vocation
Fils et petit-fils d’entrepreneurs actifs dans les installations sanitaires et de chauffage, Vincent grandit dans un environnement où technique et gestion d’entreprise font partie du quotidien. Très tôt, une trajectoire semble tracée: reprendre un jour la société familiale. Après un premier certificat fédéral de capacité (CFC) d’employé de commerce pour acquérir des bases en gestion d’entreprise, il enchaîne avec un second apprentissage d’installateur sanitaire, qu’il réalise avec une maturité professionnelle intégrée – laquelle permet d’accéder aux hautes écoles spécialisées (HES). Une expérience déterminante pour la suite de sa trajectoire: «La technique m’a beaucoup impressionné et m’a donné l’envie d’en savoir plus.» Cette curiosité le pousse à poursuivre sa formation à la Haute École d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), où il se spécialise en génie thermique, soit la branche de l’ingénierie dédiée à la production, à l’utilisation et à la gestion de l’énergie thermique (chaleur et froid). Ces études marquent un tournant décisif. «Ça a été une révélation. J’ai découvert une nouvelle manière de réfléchir: plus globale, structurée et pragmatique. Alors que j’avais tout juste la moyenne à l’école obligatoire, j’ai fini premier de ma volée», se souvient l’ingénieur. Au-delà de la technique, ces études marquent aussi une prise de conscience des enjeux environnementaux. «Je ne me rendais pas du tout compte de l’étendue des dégâts avant de suivre ces cours», confie-t-il. Une sensibilité qui continue de l’animer aujourd’hui.
Une carrière entre industrie et bâtiment
Une fois son diplôme en poche, il s’engage dans une grande entreprise active dans les installations énergétiques en tant que chef de projet. Pendant plusieurs années, il gère des projets complexes visant à améliorer l’efficacité des processus thermiques pour le secteur industriel. Fort de cette expérience, il poursuit sa carrière dans plusieurs bureaux d’ingénieurs- conseils, où il approfondit son expertise dans la réalisation de grands projets d’installations techniques et énergétiques pour le bâtiment et l’industrie. C’est finalement au sein d’ID GO Management SA, rejoint il y a deux ans, qu’il trouve une structure à la hauteur de ses attentes. «J’ai pu concrétiser mes ambitions et être vraiment au coeur de l’action contre le changement climatique. L’intégration au groupe Romande Energie nous offre des moyens plus importants que dans une petite entreprise, comme le fait d’être à la pointe des technologies actuelles », se réjouit l’ingénieur. Des ressources et une expertise qui permettent à la société de s’engager sur des résultats précis: «Notre force, c’est de réaliser des rénovations de grands parcs immobiliers avec contrat d’engagement de performance énergétique.» Autant de perspectives qui placent le spécialiste au centre des enjeux climatiques: «Je sens vraiment qu’on peut avoir un impact et contribuer à la réussite de la ransition énergétique.»
Un métier basé sur la collaboration
Quant aux qualités nécessaires pour faire ce métier, Vincent insiste davantage sur certaines compétences humaines que techniques : «Il faut un bon sens pragmatique – un bon «sens paysan» comme on dit –, être curieux et aimer travailler en équipe. Pour moi, c’est le principal. Un ingénieur tout seul ne fait pas grand-chose. C’est un métier collaboratif», poursuit-il, avant de conclure: «Ce que j’apprécie le plus, c’est le contact humain, que ce soit avec mes collègues ou nos partenaires. Mon parcours m’a permis de comprendre toute la chaîne de valeur du bâtiment et d’être à l’aise avec tous les corps de métier.»
Hugo da Silva Gonçalves
Office cantonal d'orientation scolaire et professionnelle
Publié dans le 24 heures du 4 juin 2026