"Je ne casse jamais un rêve"

Alors que des milliers d’élèves entament leurs dernières années scolaires, les professionnels de l’orientation sont là pour les aider à trouver leur voie. Rencontre avec Lauriane Limanton.
Elle a dans sa voix et sa prestancel’assurance des professionnels qui connaissent leur métier sur le bout des doigts. Conseillère en orientation depuis dix-huit ans, Lauriane Limanton nous reçoit dans son bureau chaleureux de Cossonay. Entre les rendez-vous, les tâches administratives, les réunions avec ses collègues de l’Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle (OCOSP) et les visites dans les classes, elle jongle avec ses responsabilités, animée d’une motivation renouvelée chaque rentrée. «Il n’y a pas de journée type, sourit-elle. En ce début d’année scolaire, je me présente dans les classes de 10e pour expliquer ce que je fais et comment les élèves peuvent me contacter. Je reçois ensuite une moyenne de vingt personnes par semaine, mais le chiffre peut vite grimper à certaines périodes de l’année.» Pour bénéficier de son expertise, il suffit de frapper à sa porte, de lui écrire un mail ou de faire le lien avec son enseignant ou son enseignante. Sans rendez- vous obligatoire et sans formalités inutiles. Les parents sont également les bienvenus. «Mon rôle est d’éclairer, de conseiller, d’aider à comprendre et non d’orienter au sens propre, tientelle à préciser. La décision quant à son avenir revient toujours au jeune.» Concrètement, les conseillers et conseillères en orientation accompagnent les élèves à traverser ce moment charnière où l’école obligatoire se termine et où la suite commence. Apprentissage, école de culture générale, maturité gymnasiale: les chemins sont multiples et faire un choix peut parfois être angoissant. Lauriane Limanton et ses collègues jouent donc un rôle de soutien dans ce processus. «Je pose des questions, j’écoute, j’informe. Puis on réfléchit ensemble à comment réaliser leur projet mais aussi à envisager un plan B en cas de difficultés.»
La 10e pour explorer et la 11e pour concrétiser
Dès la 10e année, les élèves en voie générale abordent la question de leur avenir lors des cours d’AMP (Approche du monde professionnel). Ces périodes sont animées par leur maître ou maîtresse de classe, avec l’appui des conseillères et conseillers en orientation.
Pour les élèves en voie prégymnasiale, des ateliers d’échange sont organisés sur le gymnase et sur l’apprentissage. Dans les deux cas, la connaissance des métiers et des formations se conjugue avec celle de ses propres qualités et intérêts. Ces réflexions sont nourries par des activités proposées en classe ainsi que par la découverte et l’exploration des pages internet de l’orientation vaudoise (vd.ch/orientation et zoom-vd.ch) et suisse (orientation.ch). «Ces sites regorgent de ressources très utiles. On y trouve des informations sur les filières de formation, des films et des podcasts sur les métiers. Mais aussi de nombreux contenus pratiques comme les dates des portes ouvertes, les délais d’inscription et comment créer un dossier de candidature. Sans oublier la bourse des places d’apprentissage qui recense la majorité des postes ouverts», détaille la spécialiste. La 11e année sert ensuite à concrétiser un projet: chercher une place d’apprentissage, postuler, préparer les entretiens. «Plus on attend, plus c’est compliqué et stressant», avertit la professionnelle. Pourtant, elle reçoit souvent des élèves et des familles qui s’adressent à elle en urgence, en fin de 11e, quand les délais approchent. «Là, j’explique, je rassure, je montre que rien n’est perdu. On fait le point et on priorise. » Chaque situation est différente, chaque jeune arrive avec son histoire. Certains ont un projet solide mais manquent de confiance ou de connaissances pour franchir le pas. D’autres ont des objectifs ambitieux qu’il s’agit non pas de tempérer, mais d’accompagner. «Je ne casse jamais un rêve. Mais on réfléchit ensemble à comment mettre toutes les chances de son côté et quelle alternative prévoir», explique la conseillère en orientation.
S’informer pour atteindre son objectif
Parmi les élèves suivis par Lauriane Limanton, Maelly, 15 ans, fait partie de celles qui avaient une idée précise en tête: devenir infirmière en pédiatrie. Ce métier, elle l’a expérimenté lors d’un stage découverte qui lui a permis de confirmer son intérêt. «Depuis toute petite, j’ai su que je voulais travailler dans le domaine des soins», dit-elle. Élève en 11e voie générale, Maelly a poussé la porte de la conseillère en orientation pour comprendre comment y arriver concrètement. «Les rendez-vous m’ont permis de répondre à certaines questions et à connaître toutes les possibilités après l’école.» Ce qui l’a aussi beaucoup aidée? Relai-Entreprises, un dispositif vaudois piloté par l’OCOSP qui facilite la mise en contact des élèves avec le monde professionnel pour trouver des stages.
Un métier au service des autres
C’est d’ailleurs aussi lors d’un stage que Lauriane Limanton a eu la conviction que le conseil en orientation était fait pour elle. «Je voulais faire un métier concret, être une aide directe. Le monde du travail m’intéressait particulièrement », précise celle, qui, comme la très grande majorité de ses collègues, est titulaire d’un master en psychologie. Et dix-huit ans plus tard, sa motivation est intacte. «Voir un jeune ou une famille repartir soulagés avec le sourire donne tout son sens à mon métier.» Les élèves ont-ils changé au fil des générations? «Pas tant que ça, sourit-elle. Ils ont toujours des envies, des rêves. Il y a de nouveaux métiers, des nouveaux outils, mais au fond, les ados restent les mêmes.»
S’informer pour choisir sa voie
De novembre à mai, les élèves dès la 9e peuvent participer à une trentaine de séances Info-Métiers les mercredis après-midi: visites d’entreprises, rencontres avec des professionnels et des apprentis, dans des domaines comme la santé, la construction ou l’informatique. En novembre, le Salon des métiers et de la formation de Lausanne réunit pendant six jours près de 500 formations dans des secteurs variés. Les Centres d’information sur les études et les professions (CIEP) proposent des entretiens personnalisés et une aide à la recherche d’informations sur les métiers et les formations.
Emily Lugon Moulin
Office cantonal d'orientation scolaire et professionnelle
Publié dans le 24 heures du 20 août 2026