Rédaction égalitaire (épicène)

Rédaction égalitaire (épicène)

Il est recommandé de concevoir d’emblée les documents de manière à respecter l’égalité entre les sexes. Vous trouverez ici des informations et un grand nombre d'exemples qui ont pour but de faciliter l'application de la rédaction épicène telle qu'elle est définie dans la directive Druide.
Le Bureau de l'égalité entre les femmes et les hommes vous remercie, par avance, de votre collaboration et se tient à votre disposition en cas de besoin.

Le langage n'est pas neutre, il reflète les structures et les rapports de force d'une société. De Gabrielle Chanel, on dit qu'elle était un grand couturier, alors qu'une couturière est une petite main du métier.... Mais la langue évolue constamment

Le Monde, 29 septembre 2005

Ecriture épicène (égalitaire): quatre principes de base

  1. Recourir systématiquement à la désignation "Madame" et renoncer à la désignation "Mademoiselle"
    Ex. Mesdames et Messieurs les contribuables, Mesdames les substitutes, Messieurs les substituts
  2. Féminiser ou masculiniser les désignations de personnes
    Ex. Une préfète, un préfet; une syndique, un syndic; une demandeuse, un demandeur; une agente, un agent; une juge, un juge; la témoin, le témoin.
  3. En cas de double désignation, adopter l’ordre de présentation féminin puis masculin. L’accord et la reprise se font au plus proche, soit au masculin.
    Ex. La doyenne ou le doyen est libéré d'un certain nombre de périodes d'enseignement qui ne peut excéder, en principe, la moitié d'une charge complète d'enseignement. Il reçoit une indemnité annuelle fixée d'après les normes du département.
  4. Utiliser le point médian, voire le trait d'union, pour les formes contractées destinées à signifier la mixité, et non pas les parenthèses ou la barre oblique.
    Ex. Les président-e-s de tribunal sont chargé-e-s de…

Exemples et conseils pour la rédaction épicène

2000 noms au masculin et au féminin

Règles de féminisation des substantifs

Les règles de féminisation romandes sont incluses dans les grammaires françaises; elles sont les suivantes:

a. Les dénominations passent de —TEUR en —TRICE lorsque la racine remonte à un substantif se terminant par —TE, —TION, —TURE ou par —TORAT, ou encore lorsqu’il s’agit d’une transposition directe du latin. En général, ce sont des mots de formation savante dont on ne peut tirer de participe présent en changeant —TEUR en —ANT : administrateur passe à administratrice parce que la racine remonte à administration ; auteur passe à autrice par transposition directe du latin qui fut à l’origine une transcription concurrentielle d’acteur, actrice ; collaborateur passe à collaboratrice parce que la racine remonte à collaboration ; recteur passe à rectrice par transposition directe du latin ; scrutateur passe à scrutatrice.

b. Les dénominations passent de —EUR en —EUSE lorsque la racine remonte à un verbe. On peut alors en tirer des participes présents en remplaçant —EUR par —ANT (chanteur, chantant). Cette règle s’applique également lorsqu’il s’agit d’une transposition d’un terme d’origine anglaise ; assesseur passe à assesseuse ; chauffeur passe à chauffeuse ; entraîneur passe à entraîneuse ; footballeur passe à footballeuse ; rapporteur passe à rapporteuse ; sapeur passe à sapeuse.

c. Les dénomination passent de —EUR en —EURE lorsque la racine remonte à un substantif se terminant en —EUR et exprimant étymologiquement une comparaison, ou lorsqu’il n’existe pas de racine directement sous la forme d’un substantif, ou encore lorsque la racine remonte à un substantif se terminant par —SSION, ou que l’usage a imposé le terme : ingénieur passe à ingénieure ; procureur passe à procureure ; professeur passe à professeure ; proviseur passe à proviseure.

d. Les dénominations épicènes, comme leur nom l’indique, restent invariables, le déterminant seul devenant féminin, lorsque la racine remonte à un substantif se terminant par un E muet : un ou une cinéaste ; un ou une fleuriste ; un ou une médecin.

e. Les dénominations se terminent en —ESSE lorsque le suffixe remonte au latin et est issu du suffixe grec —ISSA : maître devient maîtresse ; poète devient poétesse.

f. Les dénominations prennent un E final, avec dédoublement éventuel de la consonne qui précède pour les mots se terminant en —el ou en —eau ou encore les mots se terminant par —en, —on, —at. Les mots se terminant par —er prennent un accent grave au féminin. Le remplacement d’un F se fait par un V ou celui d’un X par un S : assistant devient assistante; avocat devient avocate; berger devient bergère; boulanger devient boulangère; candidat devient candidate; collégien devient collégienne; colonel devient colonelle; commis devient commise; écolier devient écolière; écrivain devient écrivaine; époux devient épouse; intendant devient intendante; préfet devient préfète; sportif devient sportive; Valaisan devient Valaisanne. La règle permettant de doubler la consonne, le vocable chef passe à cheffe pour des raisons d’euphonie, on calque donc le substantif sur le vocable chefferie.

g· Les substantifs sont remplacés directement par leur équivalent féminin ou masculin lorsqu’ils désignent explicitement la personne d’un sexe donné : homme-grenouille devient femme-grenouille ; prud’homme devient prud’femme.

h. La dénomination féminine ou masculine de la profession est remplacée par une dénomination féminine ou masculine d’une autre racine aussi approchée que possible lorsqu’une dénomination féminine ou masculine de même racine n’existe pas, a un autre sens, ou est tombée en désuétude : gouvernante donne gouvernant, mais on dira plutôt intendant et intendante ; moine devient moniale.

i. Les titres, grades ou fonctions électives suivent en général les règles énoncées plus haut ; dans certains cas, cette féminisation peut obéir à d’autres règles instaurées par l’usage ou par des prescriptions légales : agrégé devient agrégée ; confrère devient consoeur député devient députée ; maire devient mairesse ; préfet devient préfète.

j. Les termes étrangers suivent les règles de féminisation de la langue d’origine pour autant que ces termes n’aient pas été francisés : barman devient barmaid ; piccolo devient piccola.

Directive relative à la rédaction épicène

Le 23 décembre 2004, le Conseil d’Etat a décidé d’introduire une directive en matière de rédaction épicène.

But de la directive en matière de rédaction épicène

La directive vise à donner à l’ensemble des documents écrits officiels de l’Etat et de ses services une base rédactionnelle commune dans le but de

Champs d’application

La directive s’applique à toute la correspondance et à tous les documents publiés par l’Etat, les services, établissements ou institutions dépendant de l’Etat, quel que soit le support utilisé. Il s’agit notamment des textes suivants :

Cette liste est de nature indicative et non exhaustive.

Règles de base

Il est recommandé de concevoir d’emblée les documents de manière à respecter l’égalité entre les sexes. La rédaction épicène requiert le respect de quatre règles de base :

  1. Recourir systématiquement à la désignation Madame et renoncer à la désignation Mademoiselle. Ex. Mesdames et Messieurs les contribuables, Mesdames les substitutes, Messieurs les substituts.
  2. Féminiser ou masculiniser les désignations de personnes. Ex. Une préfète, un préfet ; une syndique, un syndic ; une demandeuse, un demandeur ; une agente, un agent ; une juge, un juge ; la témoin, le témoin.
  3. En cas de double désignation, adopter l’ordre de présentation féminin puis masculin. L’accord et la reprise se font au plus proche, soit au masculin. Ex. La doyenne ou le doyen est libéré d'un certain nombre de périodes d'enseignement qui ne peut excéder, en principe, la moitié d'une charge complète d'enseignement. Il reçoit une indemnité annuelle fixée d'après les normes du département.
  4. Utiliser le tiret pour les formes contractées destinées à signifier la mixité, et non pas les parenthèses ou la barre oblique. Ex. Les président-e-s de tribunal sont chargé-e-s de...

Règles applicables aux textes législatifs

Dans la mesure du possible, les textes législatifs seront rédigés de manière épicène, en s'appuyant sur les outils de rédaction présentés par le Bureau de l'égalité.

Publication du Bureau de l'égalité entre les femmes et les hommes

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