Pratiques post-mortem

Les pratiques entourant la fin de vie, le décès et le traitement des corps sont riches et diverses. Elles reflètent les dimensions culturelles, religieuses, sociales et individuelles qui accompagnent ces moments importants. Ce chapitre présente les différentes démarches, gestes et rituels qui concernent le soin et le respect du corps après la mort, ainsi que les options possibles dans le canton de Vaud.
Comment s’orienter ?
Les professionnels qui entourent les proches au moment du décès :
- Informent sur les choix possibles et les démarches.
- Assurent également le respect du corps, l’accompagnement des familles et la conformité aux règles.
- Voir les étapes et démarches en cas de décès.
Traitement du corps
Le traitement du corps après le décès est un moment clé qui conjugue respect, hygiène, et souvent des rituels symboliques. Il comprend plusieurs étapes et possibilités selon les volontés de la personne défunte, de sa famille, ainsi que les règles en vigueur.
Soins de conservation et préparation
- Les soins mortuaires – ou toilette mortuaire – consistent en des actes non-invasifs précédant la mise en bière, visant une présentation du corps aux proches dans le respect de leurs attentes et de la personne défunte. Le corps est dénudé, lavé, habillé et maquillé si besoin. Les yeux et la bouche sont fermés et les orifices obstrués par du coton. Les appareils médicaux sont retirés.
- La thanatopraxie - ou soins de conservation ou embaumement - consiste en des actes techniques sur le corps de la personne défunte qui permettent de ralentir le processus de décomposition, en plus des soins mortuaires. Ces soins sont réalisés par un thanatopracteur autorisé à exercer dans le canton de Vaud, le plus souvent dans les locaux des entreprises de pompes funèbres, à la demande et avec l’autorisation des proches. Voir informations sur le thanathopracteur.
Autopsie médico-légale ou médicale
L’autopsie consiste en l’examen externe du corps suivi de l’ouverture des cavités et de la dissection des organes principaux, dans le respect du ou de la personne défunte. Les incisions sont réalisées pour extraire les organes qui sont examinés avant d’être remis dans le corps. Des prélèvements sont également effectués pour des analyses complémentaires en laboratoire.
Don du corps à la science
Le don du corps à la science est un acte volontaire et altruiste réalisé de son vivant. Il ne requiert pas l’autorisation des proches ou du médecin traitant, mais il est recommandé de les avertir et de leur transmettre une copie du formulaire signé (à la main) déposé auprès de l’UFAM (Unité facultaire d’anatomie et de morphologie) du Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML).
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L’inhumation
L’inhumation – ou ensevelissement – consiste en la mise en terre du corps du défunt ou de ses cendres dans une tombe à la ligne, une concession ou un caveau. Le corps ou les cendres doivent être respectivement inhumés dans un cercueil ou dans une urne.
Les prestations relatives au convoi funèbre, la fourniture d’une tombe à la ligne, le creusage et le comblement de la fosse ainsi que la fourniture et la pose d’un piquet de tombe sont fournis par la commune dans laquelle le décès a eu lieu ou la commune de domicile si le corps y a été ramené. Les frais inhérents à ces prestations incombent à la commune du dernier domicile fiscal de la personne décédée.
La crémation ou incinération
La crémation, appelée aussi incinération, consiste à brûler à très haute température (entre 850 et 1’000 degrés) le corps du défunt dans son cercueil jusqu’à réduire le corps et le cercueil en cendres. Cette pratique a lieu dans un crématoire. Dans le canton de Vaud, il existe deux centres de crémation, le Centre funéraire de Montoie à Lausanne et le Crématorium d’Aigle.
Les stimulateurs cardiaques ou éléments connectés sont retirés au préalable des corps ; les métaux (par exemple prothèse, plombage) sont recueillis après la crémation.
Sous certaines conditions, il est possible pour les proches d’assister à l’introduction du cercueil dans le four. Les cendres sont remises ensuite aux pompes funèbres 24-48h après la crémation. Les cendres sont libres de transport en Suisse, mais doivent être « plombées » pour un départ à l’étranger. En Suisse, le taux de crémation en environ de 85-90%, ce qui en fait l’un des plus hauts du monde.
Pratiques non autorisées dans le Canton
- Biocompostage funéraire : le biocompostage funéraire (ou humusation) s’inscrit dans une visée écologique des champs mortuaire et funéraire en se positionnant comme une alternative « verte » à l’inhumation et la crémation par le compostage du corps humain. Cela consiste en la décomposition et transformation du corps de la personne défunte par l’activité nécrophage de l’écologie du sol et du substrat végétal ajouté, en vue de l’obtention d’humus. Le CHUV a lancé en 2026 un projet pilote d’étude de la décomposition du corps humain, pour lequel il est possible de faire don de corps.
- Aquamation : l’aquamation consiste en la transformation du corps par des procédés chimiques et mécaniques, notamment par la dissolution du corps par hydrolyse alcaline puis broyage des restes osseux, en vue de l’obtention de restes pulvérulents. Le processus est considéré comme plus écologique que l’inhumation ou la crémation.
Rituels et cérémonies
Dans le canton de Vaud, les rituels liés à la fin de vie et au deuil sont marqués par une grande diversité, en lien avec les différentes traditions culturelles et religieuses qui y sont présentes. Les cérémonies peuvent être religieuses, souvent célébrées dans une église, ou laïques, organisées dans un funérarium ou un espace dédié. Elles sont conçues pour offrir un moment de recueillement, de partage et d’accompagnement pour les proches.
La crémation est une pratique largement répandue dans le canton. Après la cérémonie, les familles peuvent choisir d’inhumer le corps, de déposer les cendres dans un columbarium, ou de les disperser dans un lieu autorisé, conformément à la réglementation vaudoise.
Des gestes symboliques comme le dépôt de fleurs, l’allumage de bougies ou des hommages personnalisés viennent souvent ponctuer ces moments, permettant d’exprimer émotions et souvenirs.
Liens utiles
- Bases légales
- Inhumations et pompes funèbres
- Disposition pour la fin de vie Pro Senectute
- Organiser une cérémonie d’adieu avec l’Eglise évangélique réformée
- Démarches deuil et funérailles avec l’Eglise catholique vaudoise
- Cimetières de la Communauté israélite de Lausanne et du canton de Vaud
- Sépulture musulmane avec l’Union vaudoise des Associations musulmanes
- Exemples pour concevoir une cérémonie (Luxembourg)
Respect des volontés et traditions
Le traitement du corps doit respecter les dernières volontés exprimées par la personne défunte, ainsi que les rites culturels ou religieux (ablutions rituelles, positionnement du corps, vêtements spécifiques).
Les familles peuvent demander des pratiques particulières, dans la limite des règles sanitaires et légales.
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Aspects légaux et réglementaires
Le transport et la manipulation des corps sont soumis à des normes strictes, notamment en matière de sécurité et de respect des délais légaux (mise en bière, déclaration de décès).
En Suisse, les soins du corps sont encadrés par des lois cantonales, qui précisent les responsabilités des différents acteurs (famille, pompes funèbres, autorités).
Un guide avec check-list pour les personnes confrontées à un décès dans le canton de Vaud

Les démarches administratives autour d’un décès peuvent être complexes, longues et pénibles. Un guide pratique, réalisé par la HETSL / HES-SO sur mandat de la Direction générale de la santé, apporte des réponses à de nombreuses questions avant, pendant et après le décès. Il est conçu comme une aide pour aiguiller les proches dans les démarches à entreprendre et les choix à effectuer. Il est assorti d’une checklist qui résume les points à ne pas oublier.
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