Travail non rémunéré
Travail non rémunéré
Nombreuses sont les activités non rémunérées dont notre société ne pourrait se passer : tâches ménagères et éducatives, soutien aux personnes âgées, vie associative, etc. Femmes et hommes s’investissent-ils de manière égale dans les activités réalisées sans compensation financière ?
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Les femmes, quelle que soit leur situation familiale, passent plus de temps aux tâches domestiques et familiales que les hommes ; 6 heures de plus pour les personnes seules, 7 heures pour les femmes en couple sans enfant et 19 heures pour les mères vivant en couple avec des enfants de moins de 15 ans. En 2024, 60% de la totalité des heures consacrées au travail non rémunéré dans le canton de Vaud sont ainsi accomplies par les femmes.
Avec ou sans enfant, en couple ou non, les hommes et les femmes ont consacré plus d’heures au travail non rémunéré en 2024 qu’en 2013 (une dizaine d’heures en moyenne). En dix ans, les pères vivant en couple avec des enfants de moins de 15 ans ont consacré 8 heures de plus aux tâches domestiques et familiales. Pour les mères, ce sont 6 heures de plus. Dans le même temps, elles ont augmenté de 4 heures leur temps dédié au travail rémunéré.
Précisions et définitions
Le travail non rémunéré regroupe toutes les prestations non rétribuées qui, en théorie, pourraient être fournies contre rémunération par des tiers (critère "de la tierce personne"), contrairement à des activités comme la formation continue, les loisirs, ou la satisfaction de besoins élémentaires (manger, dormir, etc.).
Le travail domestique et familial regroupe toutes les tâches non rémunérées effectuées à l'intérieur ou pour le ménage (repas, lessive, nettoyage, courses, travaux manuels, travaux administratifs, besoin de base des enfants, soins aux malades, etc.).
Le travail bénévole informel comprend les prestations non rémunérées fournies à titre volontaire à des ménages tiers (entraide de quartier, garde d'enfants de tiers, services rendus à des tiers, tels que travaux domestiques, transports ou jardinage, soins à des adultes, etc.).
Seules les personnes actives occupées ou en recherche d’emploi âgées de 25 à 65 ans ont été considérées.
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En 2024, les mères passent plus de temps que les pères à préparer les repas (+ 4 heures) ainsi qu’à nettoyer et ranger (+3 heures), mais aussi à s’occuper des enfants et notamment à les aider à faire leurs devoirs, jouer, se promener et dialoguer avec eux (+ 6 heures). En dix ans, elles ont consacré près de 3 heures de plus à la préparation des repas. En parallèle, elles ont diminué d’autant le temps passé à donner à manger aux enfants, les laver, les habiller et les mettre au lit. Les pères ont, quant à eux, consacré plus de temps en dix ans à préparer les repas (+ 2 heures), mais aussi à laver la vaisselle et à mettre la table (+2 heures), ainsi qu’à faire les commissions et aller à la déchetterie et à donner à manger aux enfants, les laver, les habiller et les mettre au lit (+1heure chaque fois).
L’OFS estime que la valeur du travail non rémunéré se montait à 434 milliards de francs en 2020 en Suisse. Les 60% (259 milliards) sont attribués au travail des femmes.
Sources : OFS – Enquête suisse sur la population active (ESPA), module Travail non rémunéré, Enquête suisse sur la structure des salaires (ESS), Statistique structurelle des coûts de la main-d’œuvre (ECM).
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En 2024, jouer avec les enfants, les mettre au lit ou encore les amener à la crèche ou à l’école sont des tâches le plus souvent réalisées par les deux parents dans les ménages de couples avec enfants de moins de treize ans. Et c’est plus souvent le cas qu’il y a dix ans. En revanche, les mères restent toujours plus souvent à la maison quand les enfants sont malades.
Précisions et définitions
La catégorie « Autre » regroupe les cas dans lesquels d’autres membres du ménage ou des personnes extérieures au ménage se chargent de cette tâche ou encore lorsque les enfants réalisent eux-mêmes cette tâche.
Les personnes proches-aidantes
Un peu plus d'une personne âgée de 15 ans ou plus sur six apporte régulièrement de l'aide de manière informelle à une personne proche. La proportion entre femmes et hommes proches-aidants est similaire. En dix ans, le nombre d’hommes proches-aidants a davantage progressé que celui de femmes proches-aidantes. Il a été multiplié par 1,8, contre 1,3 pour ces dernières. 60% des personnes proches-aidantes apportent de l’aide à une personnes de la famille qui vit hors de son ménage.
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Les aides les plus fréquemment apportées aux proches, quel que soit le lien qui unit les personnes aidantes et les personnes aidées, concernent principalement les activités logistiques du quotidien et le transport. Elles prennent également souvent la forme d’un soutien moral. Les femmes sont davantage impliquées dans ce type d’aide que les hommes.
Précisions et définitions
Les personnes proches-aidantes sont définies comme toute personne apportant au moins une fois par semaine de l’aide, de manière informelle, à une personne proche, que ce soit pour une période limitée à quelques mois ou durablement.
L’éclairage du BEFH
La répartition du travail non rémunéré au sein des couples est encore inégalitaire, en particulier dans les ménages avec enfants. Les mères d’enfants de moins de 15 ans consacrent plus de deux tiers du temps de travail total aux tâches domestiques et familiales. Ces dix dernières années, on n’observe pas d’évolution significative dans ce domaine. En revanche, le volume de travail non rémunéré a augmenté chez les hommes au fil des ans. Bien que les écarts entre femmes et hommes diminuent, certaines tâches domestiques et familiales, chronophages, restent majoritairement féminines : préparer les repas ; nettoyer et ranger ; aider les enfants à faire les devoirs ; donner à manger ; laver les enfants. Par ailleurs, habiller les enfants et s’occuper d’eux en cas de maladie reposent principalement sur les mères. La charge de travail totale (travail rémunéré et non rémunéré) a augmenté pour les femmes et dans une moindre mesure pour les hommes. Cette inégale répartition du travail non rémunéré est préoccupante au regard de la dépendance économique féminine qu’elle risque d’entraîner pendant la vie active et la retraite.
Pour en savoir plus
- "Vers une répartition plus égalitaire des tâches domestiques et familiales", Statistique Vaud, Numerus 07-2024
- "Marché du travail : femmes et mères plus souvent actives qu’il y a vingt ans", Statistique Vaud, Numerus 09-2022
- "Proche-aidant·e tous les jours", publication du DSAS
- Page OFS Conciliation travail et famille, travail non rémunéré
- Page OFS Aide informelle apportée et reçue
- Page OFS Compte satelliste de production des ménages (estimation monétaire du travail non rémunéré en Suisse)
- "Proches aidants. Etat des lieux et perspectives du soutien aux personnes âgées", OBSAN, Bulletin 03/2026
Contacts
Bureau de l'égalité entre les femmes et les hommes
Rue Caroline 11
1014 Lausanne
+41 21 316 61 24
info.befh(at)vd.ch